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Un G20 de plus : quoi de neuf ?

 

Cette semaine s’est tenu le G20 à St Pétersbourg. Le sommet traditionnellement dédié à des discussions détendues sur les politiques économiques a aussi dû discuter de la situation en Syrie. C’est à ce niveau que l’on a pu constater à quel point il y avait un écart entre les demandes des pays émergents pour obtenir plus de poids sur la scène  diplomatique internationale se heurte à la réalité. Un sommet qui aura néanmoins permis de faire avancer quelques sujets.

Sans surprise les Etat-Unis et la Russie se sont regardés en chien de faïence durant toute cette semaine et aucun des deux pays n’a bougé de sa position. Le retour de Poutine au pouvoir a coïncidé avec un nouveau durcissement des relations entre la Russie et les Etats-Unis, tension qui a ruiné les espoirs de l’administration Obama d’adopter avec la Russie un nouveau type de politique étrangère « post guerre-froide ». Les autres participants ne se sont guère montrés plus aventureux, on connaissait déjà la position de la France et celle de la Grande Bretagne ainsi que les difficultés qu’elles ont à la maintenir. Ce qui est plus étonnant c’est la position des pays émergents comme l’Inde ou le Brésil qui revendiquent chacun un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU sans sembler en accepter la responsabilité : prendre position sur les affaires internationales.

Pour ce qui est de l’Inde cependant on peut supposer que le conflit désormais terminé de manière particulièrement sanglante au Sri Lanka n’aide pas cet Etat à prendre position en faveur d’une intervention, tout comme la Chine et la Russie s’opposent historiquement à tout soutient à des mouvements indépendantistes de peur que certaines de leurs régions ne suivent l’exemple. Un dernier point : les européens sont enfin arrivés à définir une position commune lors du sommet des ministres des affaires étrangères et de la défense européens qui se tenait au même moment à Vilnius, pas très loin de là. Ils soutiennent une action forte contre la Syrie tout en attendant les résultats de l’enquête de l’ONU. Une position suffisamment floue pour convenir à tous.

Mais le G20 a surtout dégagé une position commune sur l’économie et notamment sur le comportement des Banques Centrales.

Face au ralentissement de la croissance des pays émergents les pays du G20 ont tenu à préciser qu’ils soutenaient des stratégies de croissance et non d’austérité. Ils ont aussi soutenu les actions pour lutter contre l’évasion fiscale, notamment le plan d’action en 15 points de l’OCDE et l’échange automatique de leurs données fiscales dès 2015. Chose inédite le G20 a aussi appelé à surveiller les activités troubles des trusts et autres compagnies multinationales. Enfin c’est sur l’assurance que les Banques Centrales devront signaler clairement les changements de leurs politiques et le fait que ces changements soient raisonnables que se sont entendus les pays membres. Les récentes annoncent de la FED indiquant qu’elle allait remonter ses taux ont déplacé les investissements dans les pays émergents pour les envoyer aux Etats-Unis, ce qui a étranglé les premiers. La Roupie indienne a notamment pâtie de ce revirement.

Par ce décisions et non-décisions le G20 a souligné sa nature de forum économique…sans plus.

About Nicolas MOULIN

Nicolas Moulin est étudiant à Euromed Management après trois ans de CPGE ECS au lycée Pierre de Fermat. Membre de 2012 à 2013 de la commission SimONU , qui organise des simulations de négociation de type ONU et qui participe aux différents MUN européens et américains, il était responsable simulation et Think Tank au sein de cette commission. Zones de prédilection : Europe et Etats-Unis.

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