La paix au Mozambique par la communauté Sant’Egidio
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La paix au Mozambique par la communauté Sant’Egidio

 
Signature de l'accord de paix du Mozambique grâce à la médiation de Sant'Egidio
Signature de l’accord de paix du Mozambique grâce à la médiation de Sant’Egidio

L’accord de paix mettant fin à la guerre civile au Mozambique est signé le 4 octobre 1992. Au-delà de cet accord de paix, la communauté internationale découvre un organisme capable de mettre un terme à un conflit par ses capacités de médiation : la communauté Sant’Egidio.

Le 25 février 1975 est proclamée la République populaire du Mozambique, l’ancienne colonie s’émancipe ainsi du colon portugais. Le Frente de Liberação de Moçambique (Frelimo) qui a commencé la lutte de libération nationale dans les années 1960 parvient au pouvoir suite à l’indépendance. Cependant dès 1976, le Frelimo doit faire face aux incursions armées grandissantes de la Resistência Nacional Moçambicana (Renamo) financée par la Rhodésie et l’Afrique du Sud. Une guerre civile s’engage alors entre les deux groupes.

La communauté catholique romaine de Sant’Egidio créée en 1968 à Rome par des jeunes autour d’André Riccardi s’intéresse au Mozambique à partir de 1976. L’organisation romaine qui a tissé des liens avec les autorités du Frelimo envoie régulièrement de l’aide humanitaire à partir de 1984. Le principal représentant de Sant’Egidio dans l’ex-colonie portugaise, Don Matteo Zuppi, cherche alors à créer le dialogue entre les belligérants et leur faire admettre qu’ils viennent tous deux du même pays.

La rencontre entre les deux groupes aboutit en 1990 grâce aux contacts informels de la communauté Sant’Egidio qui réussit à réunir à Rome les deux parties pendant 27 mois. Le processus de médiation de l’organisation créée par Andréa Riccardi se met alors en place. Les deux délégations mozambicaines, le Frelimo et la Renamo, sont logées dans les locaux de la communauté à Rome place du Trastevere qui a organisé le couvent de manière à ce qu’aucun membre d’une délégation ne croise un membre d’une délégation adverse. Une délégation se retrouve donc au rez-de-chaussée pendant que l’autre loge de l’autre cotée de la cour.

Un premier accord est trouvé en décembre 1990 qui concerne la mise en place d’une commission de vérification de trêve. Ensuite, après que les deux parties se soient mis d’accord sur des protocoles écrits par les agents de Sant’Egidio, le président Joaquim Chessano, membre du Frelimo, et l’opposant Afonso Dhlakama de la Renamo se rencontrent en août 1992. Cette rencontre permet l’accord de paix signé le 4 octobre 1992 entre les deux délégations grâce à la médiation réalisée de la communauté Sant’Egidio.

Une « nouvelle méthode » pour la paix

En signant cet accord de paix au Mozambique, la communauté Sant’Egidio, une organisation privée a ainsi réalisé ce que réalise habituellement des Etats ou des organisations internationales comme l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali s’est ainsi exprimé en 1993 pour définir la méthode utilisée par Sant’Egidio : « la communauté a développé des techniques qui sont différentes mais en même temps complémentaires par rapport aux négociateurs. Au Mozambique la communauté a travaillé discrètement pendant des années afin de faire se rencontrer les belligérants. Elle a utilisé ses propres contacts. Elle a été particulièrement efficace dans l’implication d’autres parties pour qu’une solution soit trouvée. Elle a utilisé ses techniques caractérisées par la discrétion, les rapports informels, tout en alliant le travail officiel des gouvernements et des organisations intergouvernementales. Sur la base de l’expérience mozambicaine, le terme de “formule italienne” a été avancé pour décrire ce mélange, unique en son genre, d’activités pacificatrices gouvernementales et non-gouvernementales ». Ainsi, la communauté Sant’Egidio depuis sa réussite au Mozambique s’est imposée sur la scène internationale comme une des organisations non-gouvernementale les plus connues de médiation pour la paix.

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