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Les guerres indo-pakistanaises: la deuxième guerre (3/6)

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L’affaiblissement militaire de l’Inde après sa défaite en 1962 face à la Chine, associé à son refus persistant d’organiser le référendum d’autodétermination du Jammu-et-Cachemire prévu dans les conditions du cessez-le-feu de 1947, encouragent Islamabad à recourir aux armes lors de l’été 1965 pour récupérer l’ancien État princier.

L’opération Gibraltar

Seize ans après la fin de la première guerre indo-pakistanaise qui a vu l’ancien État princier du Jammu-et-Cachemire, épicentre des combats, être partagé par la force entre l’Inde et le Pakistan, Islamabad lance le 5 août 1965 l’opération Gibraltar. L’opération consiste en l’envoi, dans le Jammu-et-Cachemire indien, d’un millier de soldats pakistanais, habillés en civils, afin d’organiser et appuyer un soulèvement populaire visant à arracher le Jammu-et-Cachemire à l’Inde.

Les soldats pakistanais sont toutefois rapidement remarqués par les forces de police indiennes qui, appuyées par l’armée, engagent le combat, forçant l’armée pakistanaise à intensifier son aide aux infiltrés qui mettent en place une stratégie de guérilla. L’intensification des combats pousse l’Inde à fermer sa frontière avec le Pakistan le 22 août, et suite au refus du Pakistan d’arrêter de soutenir la guérilla, New Delhi se décide le 28 août à envahir la partie pakistanaise du Cachemire.

L’Opération Grand slam

Troupes pakistanaises posant devant un char indien capturé lors de la deuxième guerre indo-pakistanaise.
Soldats pakistanais posant devant un char indien. © Wikimedia Commons.

Face à l’incursion indienne en cours dans le Cachemire, Islamabad lance, le 1er septembre, une importante contre-attaque, baptisée « Grand Slam », qui ambitionne notamment d’enfoncer les lignes indiennes dans le Jammu-et-Cachemire à l’aide de blindés pour prendre la ville d’Akhnoor. La percée réussit, mais les troupes pakistanaises ne parviennent pas à atteindre les objectifs initiaux en raison d’une forte résistance indienne.

Inquiète de cette contre-attaque, l’Inde décide donc de porter la guerre sur le territoire pakistanais, en dehors même du Cachemire, afin de mettre la pression sur le Pakistan, et de soulager ses troupes présentes sur le front cachemirien. Le 6 septembre, les soldats indiens mettent le pied au Pakistan et marchent sur Lahore, principale ville pakistanaise proche de la frontière. Ils l’atteignent rapidement, mais les forces armées pakistanaises réussissent à empêcher sa prise.

En réponse à la tactique indienne de faire sortir le conflit du Cachemire, le Pakistan, attaque le 8 septembre, la province indienne du Rajasthan, située au sud-est du Pakistan. L’opération est une réussite, les troupes pakistanaises s’emparent de plusieurs forts militaires indiens situés le long de la frontière et dans les terres. 

La fin de la guerre

L’intensification de la guerre au cours du début de septembre pousse la Chine, alliée au Pakistan, à menacer l’Inde d’intervenir militairement, intervention à laquelle s’opposent les États-Unis. La dimension internationale de la guerre s’épaissit le 22 septembre 1965, quand le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies vote une résolution demandant l’arrêt immédiat des combats, résolution que les deux pays belligérants appliquent dès le lendemain. Sous l’égide de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), l’Inde et le Pakistan signent, le 10 janvier 1966, la déclaration de Tachkent, traité de paix entre les deux pays qui prévoit le retour aux frontières de 1949, ce que les deux pays vont respecter. La deuxième guerre indo-pakistanaise n’aura duré que 50 jours, mais elle a coûté la vie à plusieurs milliers de civils, plus de 4 000 soldats indiens et 3 000 soldats pakistanais.

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