Equateur : les indigènes dans la rue contre Correa

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Plus d’un millier d’indigènes se sont retrouvés aujourd’hui dans les rues de Quito, la capitale d’Equateur. Répondant à l’appel de la principale organisation indigène équatorienne, ce rassemblement concluait une marche de deux semaines à travers le pays pour dénoncer la politique du Président Rafael Correa.

Ils étaient environ mille cinq cent à défiler dans les rues de Quito cette après-midi. Des indigènes venus des quatre coins du pays, pour clôturer la longue marche que certains d’entre eux avaient entamée il y a quinze jours. Leur point de départ, symbolique, avait été  la province amazonienne de Zamora Chinchipe, où le gouvernement s’apprête à signer un juteux contrat d’extraction de cuivre avec une firme chinoise. Lutter contre l’exploitation massive des ressources naturelles du pays, faire voter une loi encadrant la gestion de loi et réformer l’agriculture, telles sont les revendications des manifestants.

L’Equateur compte quinze millions d’habitants, dont  40 % d’indigènes.

Descendants des populations amérindiennes, ceux-ci ont acquis au fil des ans et de la structuration de leur mouvement au sein de la CONAIE (Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur) un pouvoir de négociation important face au gouvernement. Ils ont ainsi contribué à la chute de deux gouvernements par le passé : celui de Abdala Bucaram en 1997 et de Jamil Mahuad en 2000. En 2007, lors de sa réélection, Rafael Correa avait pour sa part affirmé que son « gouvernement serait celui des indigènes », laissant entrevoir une place dans la sphère politique au mouvement indigène.

Pour autant,  la population indigène ne forme pas un groupe homogène. De nombreuses ethnies sont représentées, mais surtout, les écarts socio-économiques existants entre les différents groupes rendent parfois difficile l’expression d’une volonté commune. Ainsi,  Rafael Correa,  au pouvoir depuis 2006, compte de nombreux partisans, tant chez les indigènes  que dans le reste de la population. Ceux-ci apprécient ses mesures sociales et ses renégociations de contrats d’exploitations de matières premières avec plusieurs multinationales. Il est ainsi parvenu à réunir mille personnes face aux manifestants, dénonçant par ailleurs un calcul électoraliste qui vise à le déstabiliser avant les prochaines élections, prévues en 2013.

En Equateur, comme dans de nombreux pays latino-américains, les populations indigènes sont souvent fer de lance des mouvements sociaux. Tout l’enjeu pour les gouvernements est de trouver le bon compromis entre l’ouverture nécessaire du pays aux intérêts économiques étrangers et l’amélioration des conditions  de vie des populations autochtones.

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