Myanmar : le retour d’Aung San Suu Kyi

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Le parti de la Ligue Nationale pour la démocratie mené par Aung Suu Kyi, figure emblématique de l’opposition birmane, a été autorisé par la junte militaire qui dirige le pays à présenter des candidats aux prochaines  élections partielles.

Fille du leader de la libération birmane Aung San , secrétaire générale de la Ligue Nationale pour la démocratie, Aung San Suu Kyi possède une aura importante, tant au Myanmar que sur la scène internationale. En 1990, déjà, son parti avait remporté les élections, avant que la junte militaire ne les annule et place Aung Suu Kyi en détention provisoire.  Aung San Kyi avait alors reçu le Prix Nobel de la Paix, récompensant son action non-violente en faveur de la démocratie. Aujourd’hui encore elle peut compter sur le soutien de nombreux prix Nobels de la paix et personnalités occidentales influentes (le groupe U2 a ainsi rédigé la chanson « Walk on » en son honneur). Libérée en 1995, elle est à nouveau arrêtée et détenue de 2003 à 2010. Elle est finalement remise en liberté le 13 novembre 2010.

Au pouvoir depuis 1988, la junte militaire dirige le Myanmar d’une main de fer.  Néanmoins, le régime montre des signes d’assouplissement depuis 2010.

Ainsi, en novembre, les dirigeants ont annoncé leur intention d’organiser des élections libres et de laisser le pouvoir, tandis que  la censure  médiatique semble moins forte. Le pays est aujourd’hui officiellement dirigé non plus par des militaires, mais par un pouvoir civil constitué des anciens membres du régime militaire. Ces décisions  font espérer un changement de cap au Myanmar. Cependant, il convient de rester prudent quant à un retour prochain à la démocratie, comme le souligne nombre de pays occidentaux. Ainsi, l’année dernière, une entourloupe législative – interdisant à quiquonque ayant été détenu dans les 3 dernières années à être candidat – avait empêché l’opposante de se présenter. Son parti avait alors décidé de boycotter les élections, ce qui avait conduit à sa dissolution par les autorités birmanes.  Aujourd’hui, sous l’impulsion de son leader emblématique, la LSD affirme son intention de se réenregistrer en tant que partie auprès des autorités, objectif que le régime militaire approuve.

L’heure serait-elle à la pacification au Myanmar ?  La plus grande partie de la tâche d’Aung San Suu Kyi reste cependant à accomplir : les habitudes laissées par près de  cinquante ans de régimes militaires ne sont pas prêtes de s’effacer.

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