Mali : questions autour d’une intervention « à l’afghane »

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Depuis quelques mois désormais, moins d’un millier d’hommes, liés à Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), a pris le contrôle du Nord du Mali. Depuis lors, des pays occidentaux (notamment la France) plaident pour une intervention rapide. Entre intérêts économiques, droit d’ingérence et risque de transformation du Mali en un nouvel Afghanistan, les questions sont bien plus nombreuses que les réponses…

Il est loin le temps où le Mali était vu comme un havre de paix « relatif » au sein d’une région sahélienne, où l’insécurité règne, depuis l’Ouest avec AQMI jusqu’à la Somalie et ses Shebab. Les troubles au Mali ont commencé il y a quelques mois, dès lors qu’un coup politique visant à renverser le Président Touré s’est soldé par un échec terrible de la rébellion, puis par une déclaration d’indépendance unilatérale de la part de Touaregs vivant au nord du pays. Face à cette incompréhension politique totale, durant les dernières semaines, nous avons assisté à une poussée dramatique du mouvement Ansar Dine, lié à AQMI, au nord du pays. Celui-ci a pris le contrôle de villes comme Tombouctou, y faisant régner la terreur.

Une intervention armée étrangère, pour quoi faire ?

Face à cette situation chaotique, quelques chancelleries occidentales se sont préoccupées de la question malienne, mais la plupart ont gardé les yeux rivés sur la Syrie, dont l’intérêt économique et politique a vraisemblablement primé sur l’étude de la question malienne. L’AFRICOM, l’un des neuf commandements unifiés créés par le Président Bush sur la planète (le seul s’occupant de l’Afrique), censé soutenir les pays africains dans la voie de la démocratie (et surtout dans le but de contrer AQMI), a failli à sa tâche. Il ne faut évidemment pas accuser les seules forces étrangères dans ce cas (ce serait trop facile), mais il est clair que la réaffectation de militaires au sein de l’AFRICOM vers d’autres commandements unifiés ces derniers mois a grandement alourdi la tâche des forces présentes.

Il est peu probable à ce jour que les Occidentaux décident d’une intervention armée. Ils sont véritablement usés d’intervenir dans des régions où les populations locales jouent, parfois, le jeu de leurs adversaires. L’option régionale pourrait bien être activée, autour de la CEDEAO (Communauté Economique  Des Etats d’Afrique de l’Ouest), sous appui financier éventuel de la France et des Etats-Unis, les deux acteurs les plus impliqués dans la région. Ces derniers peuvent s’en vouloir d’avoir armé, directement ou indirectement, bon nombre d’individus dans le but de destituer Kadhafi, l’été dernier. Car ces armes se retrouvent aujourd’hui, pour partie, dans les mains de leurs ennemis. Et pendant ce temps-là, la Chine, toute heureuse de signer des contrats avec les ennemis de l‘Occident, compte les points…

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