Le blocage du Canal de Suez : une artère stratégique du trafic maritime mondial bouchée.

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Le 23 mars 2021, un porte-conteneur est resté bloqué en travers du Canal de Suez après une tempête de sable. Cet immense cargo a empêché toute circulation par ce passage stratégique perturbant ainsi les échanges maritimes. En effet, le blocage du Canal de Suez aurait paralysé le transfert d’environ 12,1 milliards de dollars de marchandises par jour. 

Le porte conteneur, l’Ever-Given, bloqué en travers du Canal de Suez.

La difficile évacuation de l’Ever-Given, embourbé dans le canal de Suez

Après un aléa météorologique, l’Ever-Given a bouché le canal de Suez, concentrant à lui seul 10% du commerce mondial. Il a été remis à flot le 31 mars provoquant une semaine de confusion. En effet, la congestion du trafic aurait causé un retard de 85 milliards dollars de marchandises. Le déblocage du porte-conteneur géant n’a visiblement pas été si rapide et même assez fastidieux. Les autorités égyptiennes avaient mené des opérations pour tenter de dégager le cargo du canal, 5 jours après l’aléa, mais en vain. Il aura fallu attendre l’arrivée de remorqueurs néerlandais Alp Guard et italien Carlo Magno pour que l’Ever-Given soit remis à 80% dans la “bonne direction » puis, totalement renfloué, après une semaine d’attente.

La « course au gigantisme » du trafic maritime serait-elle à l’origine de ce blocage?

Grâce à la standardisation, la gestion informatisée et la praticité d’utilisation du conteneur (inventé par McLean, en 1956), le trafic maritime représente aujourd’hui 80% des échanges commerciaux mondiaux et semble poursuivre une réelle « course au gigantisme ». Au fil des années, les porte-conteneurs atteignent des dimensions spectaculaires. Ils mesurent 400 mètres de long et 60 mètres de large. Ils peuvent transporter plus de 220 000 tonnes de marchandises. La rentabilité semble motiver ces dimensions impressionnantes. En effet, le gain de temps sur les trajets d’acheminements entraîne des bénéfices financiers significatifs pour le compte des multinationales.

Cependant, même si ces acteurs privés agrandissent leurs cargos, les passages étroits (canaux et détroits), eux, ne s’y adaptent pas instantanément. Par exemple, l’élargissement du canal de Panama fut approuvé en 2006 puis inauguré en 2016 (10 ans de travaux) afin que sa capacité soit doublée pour plus de trafic. Pourtant, même si certains pays ont entrepris des travaux pour élargir leur passage stratégique, ceux-ci ne semblent désormais pas à l’abris d’imprévus. Le blocage du canal de Suez, financièrement désavantageux, en est la preuve même.

Cet incident pointe du doigt le fonctionnement du commerce mondial et l’activité humaine nocive à l’environnement.

Le barrage d’un passage stratégique maritime perturbe inévitablement les échanges commerciaux mondiaux, du fait de l’interdépendance actuelle des économies mondiales. En effet, quelques jours après cet incident, beaucoup ont souligné le retard de livraison que le blocage va engendrer. Certains parlent même de potentielles pénuries. Quoi qu’il en soit, le retard de produits venus d’Asie aura d’importantes répercussions sur la production des pays destinataires. En Europe, plusieurs industries devront sûrement ralentir leur rythme de production car leurs composants ne seront pas encore arrivés. De plus, le prix de certaines marchandises ont commencé à croître. Le 27 mars, 4 jours après le blocage, le prix du baril avait déjà augmenté de 5%.

Rappelons aussi qu’une violente tempête de sable a emporté l’Ever-Given en travers du canal, ce qui a, par la suite, momentanément interrompu le commerce mondial. Depuis quelques années déjà, la communauté scientifique affirme que le réchauffement climatique amplifie la plupart des phénomènes météorologiques. Beaucoup d’activités humaines, de nos modes de vie actuels, sont néfastes à l’environnement. Elles provoquent non seulement le réchauffement climatique mais aussi l’érosion des écosystèmes. Plusieurs pays comme l’Australie, le Sénégal ou les États-Unis sont touchés par ces tempêtes de sable souvent qualifiées d’« apocalyptiques ». 

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Daïanée TISSERAND

est étudiante à Kedge BS, après deux années de classe préparatoire ECS.

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