Israël et le Jihad islamique acceptent une trêve dans la bande de Gaza

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Le 7 août, Israël accepte une trêve dans la bande de Gaza, territoire palestinien, après la médiation de l’Egypte dans le conflit. En effet, trois jours auparavant avait débuté une période d’affrontements entre Israël, et le groupe armé Jihad islamique.

Manifestation en Palestine, en 2014. Le slogan principal affiché sur les pancartes est "Free Palestine". En 2022, la trêve à Gaza est une nouvelle étape dans le conflit.
Manifestation en Palestine, 2014

Il aura fallu une quarantaine de morts, tous du côté palestinien, avant l’instauration d’un cessez-le-feu. En seulement trois jours, le conflit Israël-Palestine s’est retrouvé, une nouvelle fois, sur le devant de la scène internationale. Israël a par ailleurs justifié ces attaques mortelles par la volonté d’une « guerre préventive » contre l’islamisme à ses frontières. De son côté, le groupe armé palestinien Jihad islamique, a affirmé avoir lancé des roquettes vers Jérusalem. Le système anti-missile israélien les a presque toutes interceptées.

Une trêve fragile en territoire palestinien

La trêve semble cependant fragile. Les deux parties ont annoncé se tenir prêtes à riposter, en cas de nouvel affrontement. Deux jours plus tard, le 9 août, avaient en effet lieu de nouvelles attaques, en Cisjordanie. Israël aurait tué, durant ces dernières, deux responsables du Jihad islamique. Ces attaques seraient donc peut-être un moyen pour Israël de contourner la trêve instaurée à Gaza.

D’autre part, les affrontements ayant donné lieu à la trêve du 7 août, sont loin d’être les premiers dans le genre. La population palestinienne et gazaouie, en particulier, craint une énième tentative vaine de résolution du conflit.

La fracture de la résistance palestinienne ?

Qu’en est-il du Hamas ? Il semblerait que celui-ci, qui a le contrôle sur la région gazaouie, n’a pas souhaité réagir aux attaques israéliennes. En effet, en mai 2021, ses capacités militaires ont été durement touchées. Elles ne sont pas encore totalement reconstituées. De plus, les attaques précédentes ont lourdement fragilisé la région. Le Hamas n’a donc pas eu la volonté de chambouler un équilibre à peine renaissant. Selon lui, la contre-attaque du Jihad islamique était prématurée.

Cependant, le Hamas et le Jihad islamique restent unis dans la lutte armée contre leur ennemi. La volonté d’Israël de ne viser que le Jihad islamique n’aurait pas suffi à diviser la résistance armée palestinienne. Les deux groupes, bien qu’ayant une stratégie différente, conservent un but unique, qui serait selon eux, la libération du peuple Palestinien. Ils sont donc généralement alliés dans le conflit. De plus, si le Hamas est au pouvoir depuis 2006, le Jihad islamique ne cherche pas à le détrôner. Le groupe armé ne remet en réalité pas en cause le contrôle exercé par son homologue. Cette hiérarchie acceptée d’un côté comme de l’autre, la résistance palestinienne ne semble pas prête de se fracturer.

Israël-Palestine : l’internationalisation d’un conflit

Conflit incessant depuis des décennies, la guerre entre Israël et Palestine tend à s’internationaliser. La trêve du 7 août, par exemple, n’aurait pu se faire sans l’intervention de l’Egypte. L’Etat égyptien a des relations avec les deux parties, ainsi que des intérêts économiques à défendre à Gaza. Cette médiation témoigne également d’une prise en puissance de l’acteur égyptien, dans la région proche-orientale. Bien avant ça, d’autres chefs d’Etats étrangers, comme Bill Clinton, ont essayé d’apporter une solution à ce conflit. L’ONU a également joué un rôle de médiateur plusieurs fois. Mais pour le moment, l’internationalisation du conflit ne semble pas encore porter ses fruits. A noter également que certaines puissances européennes, dont la France, refusent de développer des relations avec les groupes armés palestiniens. En effet, le Hamas et le Jihad islamique font tous les deux partie de la liste des organisations reconnues comme terroristes par l’UE.

Pour résumer, la trêve entre Israël et le Jihad islamique à Gaza, n’est qu’un événement parti tant d’autres dans cette guerre complexe. Pour le moment, aucun nouvel épisode violent n’est à déplorer sur la bande de Gaza.

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Jade ESCRIVA

Etudiante en master de relations internationales, spécialisée zone Moyen-Orient et Afrique du Nord.

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