L’Union africaine peut-elle résoudre la crise ivoirienne ?

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Jeudi 10 février les treize experts nommés par l’UA pour entamer des pourparlers avec les deux camps présidentiels ont quitté la Côte d’ivoire après s’être entretenu tour à tour avec Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, et l’ancien président Henri Konan Bédié. Ils remettront dans les jours qui viennent un rapport à un panel de cinq chefs d’Etat, désignés par l’Union Africaine pour se rendre à Abidjan dans un avenir proche et trouver une solution à la crise ivoirienne. Le groupe comprend Jacob Zuma, président sud-africain, ainsi que Blaise Compaoré (Burkina Faso), Idriss Deby (Tchad), Jakaya Kikwete (Tanzanie), et enfin Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), qui le préside.

L’objectif du panel mis en place par l’UA est d’aboutir à une « décision contraignante ». On voit cependant mal pourquoi Laurent Gbagbo, qui a déjà ignoré les sanctions de l’ONU et qui s’est maintenu au pouvoir malgré les manifestations d’hostilité à son égard d’une grande partie de la scène internationale, se plierait à la volonté de l’Union Africaine. À moins que la décision prise par l’organisation ne soit en sa faveur… C’est là le choix crucial que devront faire les cinq chefs d’Etats réunis dans le panel : rester fidèles aux principes démocratiques et demander à Gbagbo de quitter le pouvoir (ce qu’il ne fera sans doute pas) – et accepter alors une continuation de la crise – ou bien choisir la voie du pragmatisme en acceptant le partage du pouvoir entre deux présidents.

En confisquant le pouvoir après sa défaite aux élections présidentielles de novembre, la stratégie de Laurent Gbagbo était claire : garder à tout prix un rôle dans la gouvernance du pays en forçant son adversaire à la négociation. C’est désormais ce qui est sur le point de se passer. Les propositions faites par Gbagbo aux experts de l’UA ont déjà été rendues publiques par la presse ivoirienne : l’annulation du scrutin du 28 novembre et la mise en place d’une présidence à deux têtes. Gbagbo resterait à Abidjan tandis qu’Alassane Ouattara pourrait établir ses quartier dans la capitale administrative, Yamoussoukro.

Reste à savoir quelles sont les véritables intentions de l’UA : cherche-t-elle un solution coûte que coûte, même si celle-ci permet à Laurent Gbagbo de se maintenir au pouvoir ?

Surtout : Alassane Ouattara est-il disposé à partager le pouvoir avec son adversaire ?

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