Famine en Somalie : la situation s’aggrave de jour en jour

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L’Afrique est actuellement au cœur de l’actualité, et si la Révolution libyenne fait la une des journaux par son caractère historique qu’il n’est besoin de justifier, la situation tragique qui se joue actuellement en Somalie ne doit pas passer inaperçue : la région de Bay est désormais elle aussi frappée par la famine dans la Corne de l’Afrique qui sévit depuis juillet dernier.

Dans cette région du Sud de la Somalie, plus de la moitié de la population est malnutrie. La sécheresse (la pire depuis plus de 60 ans) dans la Corne de l’Afrique est responsable de cette famine qui s’aggrave de jour en jour en raison d’une augmentation des prix des denrées alimentaires sur les marchés ainsi que de la faiblesse d’une population de moins en moins capable d’assurer sa subsistance. Et la situation va vraisemblablement empirer jusqu’à décembre selon les prédictions de la FAO et de nombreuses organisations humanitaires (Oxfam notamment) qui, malgré l’intensification des opérations sur le terrain, ne parviennent pas à endiguer la crise.

Et c’est bien en Somalie que cette crise alimentaire majeure est la plus préoccupante : 4 millions de personnes y sont menacées par la famine, dont 750 000 qui encourent un danger de mort.

La précarité alimentaire (ou disette) toucherait selon les estimations de la FAO et des ONG présentes sur place 4 millions d’Ethiopiens et 4 millions de Kenyans. Des centaines de milliers de Somaliens ont alors décidé de fuir leur pays d’origine (on remarque des flux migratoires significatifs en direction du Yémen), mais faute de transports efficaces ils se déplacent à pied et souvent en groupe, et finissent par s’entasser dans des camps de réfugiés surpeuplés. Ces campements ne sont la plupart du temps ni équipés ni protégés, et des scènes de violences (agressions, viols…) y sont très fréquentes.

Comment endiguer la crise ? La communauté internationale n’est évidemment pas insensible à cette catastrophe humanitaire, et si l’on peut blâmer l’économie de marché qui par son fonctionnement actuel n’est pas en mesure d’éviter ce genre de situation, il n’en reste pas moins qui les moyens d’urgence mis en œuvre sont non pas insuffisants, mais très inefficacement gérés. Plus d’un milliard de dollars de dons ont été accordés, mais les bailleurs internationaux sont incapables de les distribuer effectivement puis qu’ils ne spécifient souvent pas les organisations bénéficiaires. C’est sans compter un problème majeur sur place qui est encore loin d’être résolu et qui demande aux ONG présentes ainsi qu’aux acteurs institutionnels internationaux en coopération d’innover en matière de propositions d’urgence et de gestion de crise : l’inaccessibilité aux populations sur place.

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