Nationalisations électriques en Amérique latine

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Après l’Argentine, qui a nationalisé en dernier le groupe pétrolier YPF, filiale de l’espagnol Repsol, c’est au tour de la Bolivie de prendre le contrôle du réseau électrique national, auparavant possédé par le groupe espagnol REE. Une vague d’expropriation qui inquiète les investisseurs européens.

Evo Morales, le chef de l’état bolivien, a souligné que la Bolivie reprend ce qui lui appartient. La privatisation, qui avait eu lieu en 2007, était le fait du gouvernement ultralibéral de Gonzalo Sanchez de Lozada. La reprise en main, musclée, a été réalisée par l’armée sur le site de Cochabamba, ville déjà célèbre pour la guerre de l’eau qui avait opposé une multinationale américaine aux  populations locales. Celle-ci avait débouché sur l’abolition de la loi privatisant les eaux du pays. Le pays remet ainsi la main sur TYF, une filiale contrôlée par la multinationale REE et qui réalise 75% des transports d’électricité dans le pays. Cette nouvelle nationalisation s’inscrit dans la ligne de conduite du président bolivien, confronté à des revendications sociales croissantes. Une mesure certainement plus politique qu’économique, même si Evo Morales justifie cette expropriation par le manque d’investissements réalisés par la firme espagnole.

Une politique qui inquiète les investisseurs étrangers, de plus en plus frileux à l’idée de s’implanter en Bolivie, pourtant riche en matières premières.

Dès l’annonce de la nationalisation le premier mai, Evo Morales avait promis des compensations financières au groupe espagnol. La promesse a été tenue : la semaine prochaine, le président de REE se rendra en Bolivie pour rencontrer le ministre bolivien des hydrocarbures et de l’énergie. Une évaluation de la compagnie par un organisme indépendant serait prévue. Le gouvernement espagnol, qui détient 20% de Repsol, appelle les argentins a en faire autant pour YPF. La compagnie a été nationalisée unilatéralement et sans préavis par la présidente argentine Cristina Kirchner il y a quinze jours. Cette expropriation avait suscité la colère du gouvernement espagnol, déjà mis à mal par la crise économique, ainsi que des réactions virulentes de la part des Etats-Unis et de l’Union Européenne. Celle-ci a ainsi déjà suggéré de suspendre l’Argentine des négociations bilatérales Union Européenne-Mercosur.

Ces nationalisations mêlent ainsi objectifs politiques et économiques. Elles sont d’abord un moyen pour des gouvernements de gauche de montrer qu’ils continuent à lutter contre le système ultralibéral et l’exploitation des firmes multinationales. Mais, plus qu’une volonté de revenir au monopole public, c’est aussi un appel à la renégociation des contrats passés  avec les firmes multinationales.

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