Les Malouines : un référendum inutile ?

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Par le biais du référendum du 11 mars 2013, les Kelpers, habitants des Malouines, ont voté à 98,8% en faveur du maintien dans le giron britannique. Mais, le scrutin n’a pas mis fin aux différends existant entre l’Argentine et le Royaume-Uni à propos de ces îles. En effet, après avoir dénoncé une « parodie » de référendum, Cristina Kirchner, la présidente argentine, a encore récemment utilisé son compte Twitter afin de contester la souveraineté britannique sur l‘archipel.

Situées dans l’Atlantique Sud, les îles Malouines sont sous contrôle britannique depuis 1833. Mais, depuis trente ans, l’Argentine avance des arguments géographiques et historiques pour faire valoir ses droits sur ce territoire. D’une part, certes, les Malouines sont à 400 km des côtes argentines et à plus de 12000 km du Royaume-Uni ; cela ne peut néanmoins être suffisant pour obtenir la souveraineté sur un territoire. D’autre part, l’argument historique avancé par les argentins pour revendiquer ces îles est critiquable. En effet, les britanniques se sont installés sur l’archipel alors que l’Argentine n’était pas encore complètement formée : si ce pays a obtenu son indépendance en 1816, il n’a atteint sa configuration définitive qu’en 1861.

Face à cet argumentaire, le Royaume-Uni a opposé le droit à l’autodétermination des habitants de l’archipel en faisant organiser un référendum par les autorités locales. Ce dernier a ainsi été un moyen d’expression pour les Kelpers, une manifestation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais aussi et surtout une occasion pour tenter de légitimer la présence britannique.

Cependant, l’Argentine refuse de prêter attention à l’opinion des quelques 3000 habitants de l’archipel et dénigre le référendum en soulignant le fait que les habitants des Malouines sont les descendants de colons implantés artificiellement sur ce territoire. Ainsi, les deux pays, en campant sur leurs positions respectives, tendent à condamner la possibilité de trouver une solution négociée et risquent de transformer les discussions en un dialogue de sourds.

Un conflit de souveraineté aux causes multiples

Si l’archipel constitue un point stratégique sur la route maritime du cap Horn et si des gisements d’hydrocarbures ont été découverts en 1998 à proximité des Malouines, la raison principale d’une telle mésentente réside dans les conséquences de l’instrumentalisation d’une guerre. Tout a commencé en 1982, lorsque la junte militaire argentine, alors contestée, cherchait un moyen de gagner en légitimité. Elle a alors trouvé un dérivatif nationaliste en déclenchant un conflit aux Malouines. Le Royaume-Uni, en gagnant cette guerre éclair, a fini de discréditer la junte au pouvoir et a laissé un goût amer dans l’opinion argentine. Depuis, rien, pas même un référendum, ne semble empêcher l’Argentine de tenter d’obtenir la souveraineté de l’archipel pour laver cet affront et redorer son blason.

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