Obama sous-pression

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Mauvaise passe pour le président américain 7 mois après sa réélection : certaines de ses réformes phares sont menacées, d’autres sont purement rejetées et les scandales politiques s’accumulent en à peine 6 mois.

C’est d’abord à une pression de l’opposition républicaine qu’est confronté le président. Depuis 2010 et les élections de mi-mandat les républicains tiennent la chambre des représentants et mènent une opposition forte contre le président. Pour exemple, l’incessante proposition des représentants républicains à la chambre pour abroger la loi phare d’Obama sur la santé l’ « Obamacare » avec pour principal argument que cette loi pèse sur l’économie. Or cette même loi soutient la croissance d’un secteur qui pèse plusieurs dizaines de millions d’emplois. Le deuxième exemple qui vient à l’esprit est le rejet de la timide proposition de contrôle des armes au sénat alors que cette proposition ne devait même pas faire débat et que son adoption était soutenue par l’écrasante majorité des américains. L’influence du puissant lobby des armes qu’est la NRA n’est pas à négliger.

C’est ensuite une accumulation de problèmes voire de scandales politiques qui vient ajouter à la confusion. L’attaque sur l’ambassade américaine à Benghazi le 1 septembre 2012, que les républicains utilisent pour attaquer les compétences de l’administration Obama sur la sécurité extérieure. La prolongation de l’utilisation de Guantanamo pour détenir illégalement et interroger des individus suspects alors que le candidat Obama avait promis de fermer le lieu en 2008. Le fait aussi que le fisc américain (l’IRS) ait dû admettre cette semaine qu’il avait spécialement enquêté sur le Tea Party, procédure illégale qui permet à cette frange extrême de la droite américaine de se victimiser. Enfin ce sont les relevés téléphoniques de l’agence de presse AP qu’aurait saisi le ministère de la justice lors d’une enquête. Cette dernière affaire et notamment utilisée pour tenter d’établir un parallèle entre Obama et Nixon, qui avait dû quitter son poste en 1974, suite à l’affaire des écoutes dites du « Watergate ». On voit bien l’intérêt d’un tel parallèle pour essayer de pousser Obama à la démission mais la ficelle est trop grosse e les deux affaires ne sont pas de la même échelle et surtout ne traduisent pas le même niveau d’implication du président dans chacune d’elles.

Obama peut cependant garder la main sur des domaines essentiels tels que l’économie, la réduction de la dette et la puissance internationale.

En effet l’économie américaine semble bien repartie, même timidement, et le déficit américain se réduit bien plus vite que ce qui était attendu. Le déficit de cette année fiscale devrait se monter à 642 milliards de dollars (4% du PIB) alors que même Washington s’attendait à ce qu’il soit plus important de 200 milliards, cette nouvelle est néanmoins étrange et pourrait ne pas être si positive que cela. Enfin le redéploiement de la puissance américaine dans le Pacifique,  illustrant la politique tournée vers l’Asie de Barack Obama, est achevée et les Etats-Unis se posent une fois de plus en arbitre des conflits de la zone, qu’ils soient ceux entre la Chine et le Japon pour les îles Senkaku ou la tension que provoque la Corée du Nord.

Une amorce de relance qu’il faudra maintenir jusqu’aux élections de mi-mandat de 2014.

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