Course à la Maison Blanche : jeu, set et match pour Clinton ?

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Hillary Clinton et Donald Trump se sont enfin affrontés directement. Le premier débat télévisé entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle américaine a eu lieu lundi soir. Plus de 84 millions de personnes – une audience record – ont suivi avec attention le match entre l’ancienne Secrétaire d’État et le magnat de l’immobilier. A quelques semaines du scrutin, l’enjeu est de taille pour les deux prétendants à la Maison Blanche. Il s’agit de convaincre les électeurs indécis qui pourront les départager le 8 novembre. Retour sur cette joute verbale, de laquelle H. Clinton est sortie vainqueur.

Hillary Clinton et Donald Trump se sont affrontés lors d'un débat télévisé, durant lequel l'asymétrie de compétences entre les deux candidats a été flagrante. Cependant, la course reste très serrée.
Hillary Clinton et Donald Trump se sont affrontés lors d’un débat télévisé, durant lequel l’asymétrie de compétences entre les deux candidats a été flagrante. Cependant, la course reste très serrée.

Quels sujets ont été abordés lors de cette discussion, baptisée « guerre des mots » par le Seattle Times ?

Les grands axes du débat avaient été annoncés une semaine auparavant. Comme convenu le modérateur, Lester Holt, a interrogé H. Clinton et D. Trump sur les thèmes suivant : « atteindre la prospérité » (« achieving prosperity »), « sécuriser l’Amérique »  (« securing America »)  et « la direction du pays » (« America’s direction »). Grâce à son expérience, H. Clinton a su se montrer plus convaincante tant sur le plan économique que sur celui de la politique étrangère. Elle a clairement expliqué son plan pour combattre l’État islamique, tandis que D. Trump a soutenu que la montée du groupe terroriste était une conséquence des échecs de Barack Obama et H. Clinton. Cette dernière s’est voulue rassurante pour les alliés des États-Unis, alors que le candidat républicain a critiqué l’OTAN. Selon lui, le pays ne peut plus jouer son rôle de « gendarme du monde. »

Au final, l’asymétrie de compétences qui était palpable depuis le début de la campagne, n’a été que renforcée. En somme, H. Clinton avait clairement préparé le débat, et a essayé d’améliorer son image, tandis que D. Trump a misé sur son style habituel. Il est parvenu à interrompre H. Clinton 51 fois – contre 17 fois pour elle. Tous deux se sont prêtés au « jeu » des petits piques personnels, comme c’est souvent le cas lors des élections américaines.

Comment H. Clinton est-elle parvenue à s’imposer comme la gagnante de la soirée ?

La partie avait pourtant mal commencé pour H. Clinton, mise en difficulté sur une question d’ordre économique. Cependant, au fil des minutes, elle s’est détendue et est presque parvenue à faire oublier l’image de politicienne froide qui lui est souvent attribuée. Elle s’est même prêtée à quelques plaisanteries, notamment quand son adversaire se laissait aller à des remarques déconvenues. Elle a montré ce qui avait, en partie, fait d’elle une avocate talentueuse par le passé.

Alors qu’elle gagnait en aisance, D. Trump perdait pied, et devenait de plus en plus impulsif. En plus de se vanter de sa richesse, et de son habilité à ne pas payer d’impôts, il a enchaîné les faux-pas. Il a notamment nié avoir soutenu la guerre en Irak – malgré les preuves apportées par le modérateur, et s’est embrouillé quand on  lui a demandé pourquoi il avait affirmé – pendant des années – que B. Obama n’était pas né aux États-Unis.

A l’issue de ce premier débat, est-il possible de dire que la partie est gagnée pour la candidate du Parti démocrate ?

Même si la grande majorité des éditorialistes américains s’accorde pour dire que H. Clinton a remporté haut la main le premier round, le match n’est pas encore terminé.  Il est trop tôt pour voir si des électeurs indécis – qui représenteraient près de 20% de l’électorat – ont enfin fait leur choix après lundi soir. Il faudra attendre les premiers sondages. De plus, il reste encore deux débats – les 9 et 19 octobre prochains – durant lesquels D. Trump pourrait reprendre la main.

En outre, il est important de souligner que 2016 est véritablement une course à la Maison Blanche inédite. En effet, même si D. Trump n’a pas semblé présidentiable lors du débat, il parvient néanmoins à convaincre une partie de la population américaine en colère. Il parvient à incarner une forme d’anti-establishment, face à H. Clinton. En effet, cette dernière déplaît à des électeurs qui la jugent trop proche des élites politiques et financières. Quant à la cruciale Génération Y, seul l’avenir dira si elle a été suffisamment convaincue par le spectacle de lundi soir pour renoncer à l’abstention.

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