Le hold-up des Tea Parties sur Luther King : les populistes américains en ordre de bataille

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Glenn Beck, initiateur de la Tea Party du 28 août au mémorial Lincoln, 47 ans exactement après le discours de Luther King au même lieu

C’est ce samedi 28 août que Glenn Beck, polémiste à Fox News et l’une des voix les plus fortes de la droite populiste américaine, a donné rendez-vous à des dizaines de milliers de membres de groupes ultra-conservateurs américains. Dans le but de « rétablir l’honneur de la nation » en défendant des principes généraux fondés sur la religion et le patriotisme.

Ces rassemblements sont connus sous le nom de Tea Party, en mémoire de la Boston Tea Party ayant eu lieu le 16 décembre 1773 (lors de laquelle des colons avaient jeté à la mer dans le port de Boston 10000£ de thé pour protester contre un projet de taxation de colonies décidé à l’assemblée de Westminster alors qu’eux même n’y étaient pas représentés : no taxation without representation).

Ces mouvements sont apparus après l’élection de Barack Obama à la présidence et la crise financière. Ces « parties » sont disparates et leurs revendications précises diverses, pour autant une idée se dégage clairement : moins d’impôts et moins de gouvernement. C’est une constante dans l’histoire américaine : des sudistes aux républicains actuels, le pouvoir central de Washington et l’idée que des bureaucrates puissent se mêler des affaires d’ « honnêtes pionniers » révulsent une partie non négligeable de la population blanche. Le participant de Tea Parties étant en général vieux, blanc, croyant et vote républicain.

Le rassemblement de Beck n’a cependant pas eu lieu n’importe où ni n’importe quand. Il a prononcé son discours au mémorial de Lincoln le 28 août, c’est à dire exactement 47 ans après le fameux « I have a dream » de Martin Luther King qui avait rassemblé, lui, près de 250 000 personnes au mémorial. Beck est connu pour ses propos extrémistes. Ardant promoteur d’un patriotisme de la foi chrétienne, il a déjà qualifié Barack Obama, de raciste mais a expliqué que l’événement, baptisé « Restoring Honor » (rétablir l’honneur), visait à rendre hommage aux militaires qui incarnent, selon lui, les principes fondateurs de la nation américaine. Sarah Palin (l’ex-gouverneur de l’Alaska qui a une belle vue sur le Kremlin depuis chez elle), volant de Tea Party en Tea Party depuis deux ans, était aussi de la fête, prônant un retour aux « valeurs traditionnelles » de l’Amérique. Aucune attaque contre Obama, il fallait être positif : le but étant de calmer les tensions de plus en plus fortes entre la gauche et les Américains d’origine étrangère et les Tea Partiers. Malgré le fait que 52% des Américains ont maintenant de la “sympathie” pour le mouvement Tea Party.

Le mouvement monte en puissance depuis deux ans et a trouvé des soutiens financiers importants. Il menace parfois de déborder les républicains : même le sénateur McCain est mis en difficulté chez lui, en Arizona, pour les sénatoriales. Les républicains jouent avec le feu : le populisme est une force puissante qui devrait faire pencher la balance en leur faveur aux prochaines élections de mi-mandat. Mais elle est volatile et peut très rapidement échapper à tout contrôle.

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