Barack Obama présente son budget pour 2012, entre mesures d’austérité et frilosité politique

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Alors que l’actualité brûlante semble concentrer les événements dans les pays moyen-orientaux, il ne faudrait pas oublier de jeter un coup d’œil de l’autre côté de l’Atlantique. Lundi 14 février Barack Obama a en effet présenté son budget pour l’année 2012, un exercice périlleux qui pourrait bien marquer un tournant dans la politique américaine et fragiliser encore un peu plus la position du président qui vient de perdre la majorité à la Chambre des Représentants. Comprenons bien la position extrêmement délicate de la Maison Blanche actuellement : il s’agit de s’accommoder tant bien que mal de la Chambre des Représentants désormais aux mains des républicains tout en mettant en place une politique de rigueur – donc forcément impopulaire pour la population, et les démocrates ! – afin de résorber le gouffre du déficit public (estimé aujourd’hui à 9,8% du PIB d’après le gouvernement américain).

En bref, le défi pour la Maison Blanche est tout simplement de résoudre le casse-tête d’une politique d’investissement économique accompagnée d’une restriction fiscale pour assainir les comptes tout en dynamisant la croissance. Retour sur les mesures annoncées. Le gel des salaires des employés de la fonction publique pendant deux ans devrait tout d’abord permettre une économie de 5 milliards de dollars. En 5 ans, une diminution des dépenses du Pentagone et le gel des dépenses de fonctionnement interne devraient également permettre une économie de 80 milliards de dollars et de 400 milliards de dollars respectivement. C’est sans compter une diminution des subventions à la facture énergétique pour les foyers à revenu modéré.

Cette liste de mesures est très mal perçue par les Républicains qui estiment que ces mesures d’austérité  – ils le concèdent – sont largement insuffisantes face à l’ampleur du déficit, ainsi que par les démocrates qui voient dans la baisse des subventions une trahison des promesses de campagne de Barack Obama. Reste donc à savoir s’ils accepteront de voter ce budget. Précisons tout de même qu’une hausse des investissements dans l’éducation, internet et dans les transports ainsi qu’un moratoire de deux ans accordé aux Etats endettés à court de liquidités ont été évoqués pour convaincre les Démocrates.

On l’a bien compris, la priorité pour le gouvernement américain est de réduire le déficit des finances publiques qui devrait atteindre en 2012 des profondeurs abyssales, ou tout du moins de stabiliser les emprunts d’Etat. On reproche pourtant à Barack Obama une certaine frilosité, qui n’est rien moins qu’une manœuvre politicienne à peine masquée. S’il est en effet certain que le système américain doit corriger sa politique fiscale, la réforme ne peut éluder la question cruciale du sacro-saint programme Medicare – système d’assurance santé principalement destiné aux plus de 65 ans – censé coûter près de 150 milliards de dollars en 2011, alors même que le gouvernement a entamé une réforme du système de santé. Washington, ou quand manœuvres politiciennes visant un consensus creux et politiques économiques d’austérité ne font pas bon ménage…

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