Le Premier ministre canadien met la pression sur ses électeurs

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Hier, le Premier ministre conservateur Stephen Harper a indiqué que la population canadienne se rendrait aux urnes le 2 mai en vue d’obtenir une majorité. « J’ai rencontré le gouverneur général qui a accepté de dissoudre le Parlement », a-t-il déclaré sur le perron de la résidence de David Johnston, représentant de la reine Elizabeth, officiellement chef d’Etat du Canada. La veille, une motion de censure avait renversé le gouvernement conservateur pour « outrage au parlement », un événement historique sans précédent dans l’histoire du parlementarisme britannique. Il faut dire que l’opposition n’hésite pas à traquer le gouvernement Harper, l’accusant régulièrement de tromperie politique.

Ainsi, le Canada est entré en campagne pour la quatrième fois depuis 2004. Pourtant, selon M. Harper, « les Canadiens ne sont pas intéressés par les manœuvres au Parlement [mais] par le bien-être économique », fustigeant ainsi les manœuvres de l’opposition dont le but est de décrédibiliser la politique menée depuis janvier 2006 par Stephen Harper. Dès hier, ce dernier a demandé à ses électeurs de voter massivement afin d’obtenir un gouvernement conservateur fort, un gouvernement de majorité pouvant être constitué à partir de l’obtention de 40% des suffrages. D’ailleurs, divers sondages ont déjà montré que les conservateurs pourraient bien dépasser ce seuil.

Pour atteindre ses objectifs, M. Harper s’appuie sur des thèmes qui parlent aux Canadiens : croissance économique et emplois sont au cœur de ses discours. Mais M. Harper n’hésite pas non plus à attaquer violemment l’opposition qui, dit-il, souhaite la mise en place d’une coalition « instable », ce qu’il souhaite à tout prix éviter. Pourtant, Michael Ignatieff, chef de file du Parti libéral, s’est ainsi défendu : « J’exclus un gouvernement de coalition, je veux être clair: nous offrons aux Canadiens un gouvernement libéral ».

Si M. Harper agite le spectre de la coalition, c’est bien pour rassembler ses électeurs afin d’être certain d’obtenir un gouvernement de majorité. Il est vrai que le Canada a bien résisté à la crise ces dernières années, mais la population pourrait être réceptive aux multiples accusations émanant de l’opposition. Le mois dernier, quatre responsables conservateurs ont d’ailleurs été arrêtés pour financement occultes lors de la campagne électorale de 2006. Un scandale qui pourrait peser sur le résultat des élections du 2 mai prochain…

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