Haïti : le temps du renouveau ?

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C’est en masse que les Haïtiens se sont rendus aux urnes hier. Avant même l’ouverture des premiers bureaux de vote, l’issue du scrutin ne faisait déjà que peu de doute, et c’est sans véritable surprise que le peuple haïtien a élu le chanteur Michel Martelly à la tête de leur pays. Celui-ci a en effet recueilli 65,57% des voix, alors que sa rivale, Mirlande Manigat, n’en a obtenu que 31,6% alors qu’elle était arrivée en tête au premier tour le 28 novembre dernier. Un tel écart devrait permettre d’éviter les violences qui pourraient découler d’accusations de fraudes électorales. D’ailleurs, Mme Manigat a indiqué qu’elle ne porterait pas plainte. L’Organisation des Etats Américains (OEA) a pour sa part salué le calme dans lequel s’est déroulée cette élection.

Michel Martelly, 50 ans, a pu compter sur une forte popularité auprès de la population jeune du fait de son statut d’artiste et de son programme, fondé sur la justice sociale et contre l’establishment. Surtout, la lutte contre la corruption devrait être une de ses priorités. Celui qui se fait surnommer sur scène « Sweet Micky » devrait donc prendre ses fonctions le 14 mai prochain (les résultats finaux seront annoncés le 16 avril) et succédera ainsi à René Préval, que la Constitution n’autorisait pas à se représenter.

« J’ai les mains propres », a déclaré Michel Martelly, afin de signifier qu’il n’était pas concerné par les problèmes de corruption du fait de son inexpérience politique. Mais les défis à relever en Haïti sont aujourd’hui immenses. La reconstruction, consécutive au séisme de janvier 2010 qui avait fait plus de 220 000 morts et ravagé le pays, est tout juste amorcée et de nombreux sans-abris sont encore à reloger. Par ailleurs, trois millions d’Haïtiens vivent au quotidien dans l’insécurité alimentaire. Le nouvel élu a annoncé vouloir travailler pour « tous les Haïtiens », laissant entendre que contrairement à la classe politique qui l’a précédé, il ne délaisserait pas la population s’enliser dans la misère et le désespoir.

Enfin, les interrogations quant à la capacité de M. Martelly de gouverner le pays sont nombreuses. Les analystes rappellent à juste titre que celui-ci est totalement novice dans le domaine de la politique. La première étape de son mandat sera de former un gouvernement, alors même que son parti est inexistant au parlement. Bref, M. Martelly devra gagner en crédibilité : cela passera par des résultats concrets qui amélioreront le sort de la population haïtienne. Les attentes restent considérables…

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