L’Iran cherche du soutien en Amérique Latine

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Pendant que la communauté internationale fait pression sur l’Iran pour qu’il stoppe son programme nucléaire, Mahmoud Ahmadinejad  passe outre et effectue sa cinquième tournée en Amérique Latine depuis qu’il est au pouvoir.

En guise de réponse au probable embargo pétrolier européen, l’Iran brandit la menace de la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel passe un cinquième du brut mondial. Pour preuve que l’Iran occulte les avertissements étrangers, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vient de certifier, ce 9 janvier, que l’Iran avait débuté la production d’uranium enrichi au sud-ouest de la capitale Téhéran.

A force de persévérer sur ce chemin, l’Iran se retrouve isolé sur le plan international. Le président Ahmadinejad compte bien trouver des appuis dans ses visites respectives au Venezuela, au Nicaragua, à Cuba et en Equateur. L’Iran a déployé, depuis quelques années, un réseau de diplomates en Amérique Latine. La venue du président iranien est en partie possible car tous partagent une même idéologie anti-américaine. Comme lors de tous ses précédents passages, le président iranien a commencé sa visite par Caracas. En effet, le Venezuela s’avère être un allié important : Hugo Chavez ainsi que M.Ahmadinejad tiennent le même discours anti impérialiste envers les Etats-Unis. L’Iran a investi dans divers secteurs au Venezuela par l’intermédiaire d’Ahmadinejad, notamment dans le secteur pétrolier. Le Venezuela fait partie des acteurs incontournables dans le domaine pétrolier à l’échelle mondiale. En dehors du Venezuela, la voix des autres pays visités compte dans les instances internationales. La stratégie iranienne est donc d’obtenir le soutien d’Etats présents dans ces instances.

Cette fois-ci le Brésil n’accueillera pas le président iranien.

Depuis que Dilma Roussef a succédé à Lula, la stratégie brésilienne a changé vis-à-vis d’Ahmadinejad. Ce dernier voit donc un soutien de poids s’éloigner, le Brésil étant une puissance qui va compter de plus en plus à l’avenir. Le commerce avec Téhéran a connu une baisse de 73% cette année, ce qui est autant dû aux sanctions européennes et américaines envers l’Iran qu’à la volonté de D.Rousseff. Déjà en 2009, la visite du président iranien avait provoqué de nombreuses protestations de la part de politiques, d’associations civiles, notamment parmi la communauté juive brésilienne. La présidente brésilienne, bien que poursuivant nombre des démarches entreprises par Lula, a décidé de modifier les relations irano-brésilienne. Les nombreuses violations de droits de l’Homme en Iran avait été condamnées par la présidente avant même sa prise de pouvoir, notamment à propos des cas de lapidations de femmes : « En tant que femme je ne peux accepter ces pratiques médiévales … Je ne ferai pas de concessions ».

Alors que des élections législatives se dérouleront en mars, Mahmoud Ahmadinejad est fragilisé par des tensions avec l’entourage du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Outre le fait d’acquérir du soutien à l’international, le but de cette tournée est aussi de montrer à son électorat que l’Iran conserve des soutiens à ses côtés.

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