Présidence indienne : l’Inde a une nouvelle tête

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Ce dimanche a marqué l’élection au titre très honorifique de Président de l’Inde Pranab Mukherjee. Dans ce qu’on a coutume d’appeler « la plus grande démocratie du monde », cette élection n’a pas de quoi déplacer les foules.

L’Inde perpétue sa tradition d’unipartisme démocratique, puisque Mukherjee est un ponte du parti du Congrès, parti dirigeant l’Inde, quasiment en continu, depuis son indépendance. De plus, Mukherjee n’a rien à envier à ses nouveaux confrères de par le monde, puisqu’à 78 ans, le vieux sage indien prend les rênes d’un pays sans avoir de pouvoirs suffisants pour influer durablement a politique.

Mukherjee avait la figure d’un éternel second. D’abord Premier Ministre par intérim, après la mort d’Indira Gandhi dans les années 1980, il a échoué, en 2004, à être le candidat (donc l’élu, quasiment automatiquement) du Parti du Congrès au poste de Premier Ministre, face à M. Singh. Et ses confrères du Parti du Congrès lui ont clairement fait comprendre qu’il n’a aucune chance de devenir Premier Ministre durant les prochaines élections, en 2014. Bref, il est donc « condamné » à occuper ce poste présidentiel, souvent réservé en Inde pour les politiques en fin de carrière.

2014, l’année de raison ?

Fort de ce pouvoir, Mukherjee pourrait bien malgré tout tenter son va-tout et accéder à la fonction suprême dans deux ans. L’Inde n’a jamais connu de véritable candidature dissidente au cours de son histoire, le Parti du Congrès étant assuré, à chaque fois, de l’emporter, de part une expérience politique unique, et une influence sur les mœurs et la société indiennes à nulle autre pareille. Soutiendra-t-il le Parti Janata, qui avait cassé la dynamique du PNC en gagnant des élections durant les années 1970, mais qui est toujours fortement dépeint comme très conservateur voire nationaliste ? Peu probable, car l’Inde est rarement habituée aux grands remous politiques, comme nos pays occidentaux ont plus de coutume de l’être.

Au final, cette élection démontre toujours que le titre de plus grande démocratie du monde reste légèrement galvaudé. Une démocratie, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne se résume pas à la liberté de vote ou d’opinion. Il faut aussi que tous les partis (et les individus) puissent participer égalitairement au dialogue politique afin de contribuer à la stabilité du pays. Mais lorsqu’un grand parti noyaute la politique indienne depuis plus de soixante ans, que faut-il dire ?

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