Pakistan : l’élection de tous les dangers

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C’est ce 11 mai que doit se dérouler l’élection législative au Pakistan, une campagne qui a été surtout marquée par la violence, les menaces et l’intimidation. En effet les talibans, très influents et plutôt bien vus de la population en général, font toujours régner la terreur dans les meetings politiques afin de faire avancer leurs pions.

Et c’est un incident impressionnant mais finalement sans conséquences qui a marqué la journée du mardi 7 mai : Imran Khan, le religieux, anti-américain et charismatique leader du PTI est tombé en plein meeting du monte-charge qui le hissait sur la scène haute de 15 mètres lorsqu’il en est tombé, se blessant à la colonne et au visage. Néanmoins il va bien et va rester quelques temps à l’hôpital de Lahore. Si l’événement a pu faire peur c’est que tous les partis sont sous tensions à cause des menaces que les talibans font peser sur tous ceux qui voudraient les empêcher d’imposer leurs lois. A ce jour près de 109 personnes ont déjà péri dans des attentats contre des partis progressistes depuis le 11 avril (dont presque la moitié ces trois derniers jours).

M. Khan, la superstar médiatique de cette campagne, peut cependant dormir sur ses deux oreilles : il est bien placé dans la course, il est soutenu par les jeunes et les classes moyennes, et en tant que Pashtoune il promeut le dialogue entre l’Etat et les tribus talibanes, et ne remettra pas en cause leurs ordres. Il n’y a ainsi pas eu d’attentats contre son parti depuis le début de la campagne alors que d’autres partis notamment les partis laïques ont été gravement touchés. Les candidats du Parti du Peuple Pakistanais (PPP), au pouvoir ces cinq dernières années, ont été la cible d’attentats. Difficile pour son président, Bilawal Bhutto Zardari, le fils de Benazir, de prendre des bains de foule comme les habitudes électorales l’imposent : il préfère envoyer des messages depuis Dubai et tenter de s’adresser à la population depuis la télévision ou la radio. Peine perdue devant le rejet du parti par les électeurs.

Cependant le grand favori de cette élection semble être Nawaz Sharif, le leader de la ligue musulmane pakistanaise (PML-N), proche de la droite et des milieux d’affaires.

Il a une longueur d’avance même s’il devra certainement partager l’assemblée avec le PTI. Les sujets principaux de la campagne sont la corruption, le terrorisme et les problèmes économiques et là-dessus le PML-N parvient à convaincre les pakistanais. M.Sharif non plus n’a pas grand-chose à craindre des attaques des talibans. C’est à peine s’il évoque le sujet et il faut ajouter que son frère, le gouverneur de la province du Penjab, a été particulièrement clément envers les activistes talibans qui agissaient sur son territoire. Etonnamment, cette province a été largement épargnée pra les violences qui ont émaillé cette campagne.

Qu’importe le vainqueur, le Pakistan devrait rebasculer dans le conservatisme et durcir les conditions des opérations américaines sur son sol, voire les annuler tout bonnement. Ça tombe mal, l’Asie est justement le centre de gravité de la politique étrangère des Etats-Unis…

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