L’Allemagne relance la vague mondiale de méfiance vis-à-vis du nucléaire après les accidents japonais

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Les médias ne font que parler de ça, au point même « d’oublier » les victimes du séisme et du tsunami qui s’en est suivi : une possible catastrophe nucléaire au Japon, suite à l’explosion de plusieurs réacteurs de différentes centrales touchées par le tsunami. Nous avons choisi de très peu vous parler du séisme et de ses conséquences pour nous cantonner uniquement aux aspects géopolitiques (ici environnementaux) de cette catastrophe majeure de ce début de XXI° siècle.

La chancelière allemande Angela Merkel vient en effet d’annoncer la fermeture de sept centrales nucléaires, construites avant 1980, d’ici quelques semaines. En cela, l’Allemagne ne sera plus équipée que de dix centrales en fonctionnement. En tout cas, cela marque un retrait majeur et surprenant de la part de la chancelière, qui avait pourtant annoncé l’été dernier l’allongement de la vie de plusieurs centrales d’au moins quelques années.

L’Allemagne a, semble-t-il, relancé un mouvement général de méfiance vis-à-vis du nucléaire. L’après-Tchernobyl avait été ainsi marqué par des politiques anti-nucléaires prises par un certain nombre de pays européens (tels la Suède ou l’Italie). Qu’en sera-t-il de l’après-Fukushima ? Le cas allemand est particulièrement intéressant, puisque l’électricité produite dans le pays provient à 25% des centrales nucléaires, et alors même que le mouvement vert allemand (et son parti Die Grünen) s’avère être le chef de file européen du refus du nucléaire.

Que comprendre ? Faut-il attendre un accident nucléaire absolument imprévisible (il suffit de regarder les circonstances exceptionnelles –euphémisme – ayant touchés la centrale de Fukushima) pour se remettre à douter de quelques centrales nucléaires ? L’action politique a définitivement laissé place à la panique et à la réaction (et non l’action), cherchant, selon certains, à satisfaire électeurs et lobbies verts à l’approche d’élections cruciales (dans le cas allemand).

Voilà de quoi renforcer les mouvements verts dans les pays où leur électorat ne frise pas le quasi-négligeable. Voilà de quoi réactiver les vieilles peurs vis-à-vis d’une énergie qui est la dernière possibilité pour l’Europe de maintenir, un temps soit peu, une indépendance énergétique minimale. Les prochains jours nous diront si Fukushima sera aussi funeste que Tchernobyl. Reste qu’a plus de 10 000 kilomètres de là, l’Europe se prépare à faire demi-tour sur la question nucléaire. Une fois de plus…

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