Poutine III : l’empire contre-attaque ?

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C’est fait, Vladimir Poutine a prêté serment pour son troisième mandat à la tête de a République fédérale de Russie. Après avoir été élu dès le premier tour avec un score de 64% en mars dernier, le président ex-premier ministre doit gouverner un pays moins stable que jamais et à la recherche de nouvelle sources de croissances.

C’est parti pour un troisième mandat, voire un quatrième : Vladimir Poutine, s’il a promis de bannir le terme « consécutif » sur la limitation de deux mandats pour un président, entend bien passer les élections de 2018 afin de ne quitter le pouvoir qu’en 2024. Il sera secondé dans sa tâche par Dmitri Medvedev nommé premier ministre après un mandat plus que fantomatique. La stratégie du Kremlin est claire : faire de la Russie un pays d’investissement en passant de la 120e à la 20e place des indices de la Banque Mondiale pour le climat d’affaire, augmenter les émoluments des fonctionnaires et des militaires et surtout diversifier l’économie et rénover les infrastructures (transports ,réseaux énergétiques…). Le but est de faire accéder la Russie au rang de cinquième puissance économique mondiale, et ce d’ici 2020.

Les ambitions du Kremlin sont soutenues par la reprise économique qu’a connu la Russie ces dix dernières années. En 2007 le PIB de la Russie atteignait son niveau de 1990 avant la dissolution de l’URSS. En misant sur ses exportations d’hydrocarbures et grâce à l’envolée des prix du pétrole l’économie russe a pu s’assurer une croissance forte avoisinant les 4% par an avec pour résultat un PIB de 1900 milliards de dollars en 2011. Le budget est excédentaire et le pays n’a qu’une dette extérieure limitée (10% du PIB) due à sa position d’exportateur d’hydrocarbures. Vladimir  Poutine a aussi réaffirmé le 9 mai son intention de faire peser la Russie de manière plus importante dans les affaires mondiales.

Vladimir Poutine peut-il atteindre ces objectifs ambitieux sans être inquiété ?

Car ce programme est menacé par plusieurs  facteurs. Le premier est que le pays reste entièrement dépendant des prix du pétrole dont la vente représente 60% des revenus du pays  et que son économie est soumises aux turpitudes du marché des matières premières.  L’ambitieux programme de réarmement de 590 milliards d’euros  d’ici 2020 pour l’industrie militaire table aussi sur une croissance forte pour avoir des chances d’être appliqué. Le pays doit aussi faire face à une hémorragie démographique qui se poursuit malgré un faible sursaut de natalité en 2010. La mortalité masculine et la baisse générale de la natalité ont malgré tout durablement miné le pays.  Enfin, la légitimité de Poutine est remise en question par la nouvelle classe moyenne qui doute de plus en plus et les jeunes dont les aspirations supportent de moins en moins la corruption endémique et le contrôle de la vie politique et qui souhaite briser l’accord tacite qui prévalait : la croissance économique contre le silence. Pour l’instant la peur de l’instabilité des années 1990 a poussé la majorité à voter pour Poutine afin d’éviter les conflits politiques ouverts. Mais pour combien de temps encore ?

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