Reprise de la croissance : où en est la France ?

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Le FMI baisse ses prévisions de croissance sur la France : par delà les raisons structurelles connues, y a-t-il des raisons conjoncturelles spécifiques au marché national?
Le FMI baisse ses prévisions de croissance sur la France : par delà les raisons structurelles connues, y a-t-il des raisons conjoncturelles spécifiques au marché national?

Où en est la France ? Il y a quelques jours,  le FMI a une nouvelle fois baissé ses perspectives de croissance sur la France à 0,7% pour 2014 alors qu’il a confirmé une perspective haussière en Allemagne à un niveau presque triple de 1,9%. Du reste, sur 2012-2014, le PIB cumulé français a progressé de 1% contre 3,4% outre-Rhin, ce qui confirme le différentiel constaté à moyen-terme. Même si ce ne paraît pas être le cas pour l’heure, cette atonie de la croissance française pourrait de plus en plus inquiéter les marchés qui observent que l’Espagne, l’Italie et même la Grèce sortent peu à peu la tête de l’eau. Et ce à l’heure où la France n’a jamais été aussi dépendante d’eux : en 2013, la dette publique française a atteint 1 894 milliards d’euros soit 95% du PIB et elle augmentera encore en 2014, loin des 60% définis par Maastricht. Dette qui ne risque pas de diminuer dans la mesure où le déficit, bien qu’il ait un peu diminué par rapport à 2012, reste à un niveau de 4,1% du PIB.

Pour maintenir son train de vie élevé caractérisé par des dépenses publiques (Etat, collectivités locales et transferts sociaux) atteignant 57,1% du PIB contre 49,5% en moyenne dans la zone euro et des niveaux de prélèvements obligatoires au taquet (45,3% du PIB contre 34,6% dans l’OCDE), le gouvernement est contraint d’emprunter près de 180 milliards d’euros par an aux marchés au meilleur taux possible… ce qui le rend hautement dépendant, d’une part aux performances de ses voisins, qui semblent aller de mieux en mieux, et d’autre part de la volonté des investisseurs.

Qu’est ce qui pourrait expliquer la faiblesse de la croissance française ? De nombreuses raisons structurelles sont souvent invoquées mais peut être vaudrait-il mieux s’attaquer à des stimuli de relance conjoncturelle en priorité pour consolider les acquis et se lancer, dans un second temps, dans de grandes réformes structurelles.

–          Tout d’abord, le taux d’épargne des ménages reste élevé voire augmente, ce qui explique la nouvelle baisse du taux du livret A. Les ménages ne savent plus où investir : la contraction du marché immobilier l’illustre. Malgré la faiblesse des taux d’intérêt sur les crédits immobiliers,  le marché du logement neuf s’effondre en raison de la résistance à la baisse des prix, ce qui met en péril toute une industrie du BTP.

–          Le niveau d’investissement des entreprises est très bas ce qui s’explique par le très faible niveau de profitabilité des PME françaises, surtout dans l’industrie. Dès que leurs marges s’étiolent sous l’effet du marché, les entreprises reportent leurs investissements à plus tard. Pourquoi de si faibles niveaux de marges? D’une part, la majorité des industries françaises sont positionnées sur des produits moyen-bas de gamme, hautement concurrencés par les pays asiatiques ou est-européens, ce qui les rend très vulnérables à la compétition par les prix (la fameuse compétitivité-coût). Or le coût horaire du travail en France incluant les charges est de 35,7€, bien loin des niveaux comparables dans les pays concurrents. D’autre part, les coûts hors production en France sont élevés, qu’ils concernent le transport, essentiellement routier même s’il est le mode de transport le plus onéreux, ou les niveaux d’imposition.

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