Le Caucase agité

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Un attentat suicide à la voiture piégée est survenu le jeudi 9 septembre 2010 à 11h20 dans un marché du chef-lieu de la République Russe d’Ossétie du Nord, Vladikavkaz, selon les autorités. L’engin explosif était d’une puissance équivalente à trente voire quarante kilogrammes de TNT selon le Comité d’Enquête du Parquet Russe. Il aurait fait environ seize morts ainsi qu’une centaine d’écharpés. Un enfant d’un an et demi a d’ailleurs trouvé la mort suite à des blessures non vénielles. Il s’agit là de l’estocade la plus sanguinolente depuis plus de six mois en Russie, depuis le double attentat suicide dans le métro de Moscou en mars, lequel avait occasionné la mort de quarante personnes ou encore depuis celui de septembre 2004, où la communauté chrétienne de la République du Caucase russe à été le théâtre de la sanglante prise d’otages de l’école de Beslan, laquelle a engendrée la mort de plus de trois cent personnes. La déflagration a été éveillée par « un kamikaze qui a pénétré sur le marché central à bord d’une automobile », selon le mot de Taimouraz Mamzourov, Président de la République d’Ossétie-du-Nord-Alanie. Les macchabées ainsi que les amochés ont par la suite été évacués sur des charrettes, au milieu des nappes de sangs et corps labourés. D’autres engins explosifs ont été découverts dans une centrale hydroélectrique de la République du Daguestan, plus précisément à Irganaiskiaou, selon les autorités russes. Janna Marguieva, badaud, déclare à cet effet qu’ « un homme sans tête était assis dans une voiture et j’ai réalisé que c’était probablement un terroriste (…) J’ai peur. Ce qui s’est passé peut arriver à chacun d’entre nous. »

Dmitri Anatolievitch Medvedev, Président de la Fédération de Russie, a intensément désapprouvé un tel acte « barbare » et se dit véritablement enclin à tancer les coupables de cette ignominie. « Nous ferons absolument tout pour capturer ces monstres, ces salauds qui ont commis cet acte terroriste », a-t-il proclamé, rapporte l’agence RIA Novosti. Vladimir Vladimirovitch Poutine, Premier Ministre, a quant à lui montré du doigt une action destinée à « semer la haine parmi nos citoyens. Ceux qui ont fait cela sont évidemment des gens sans âme et sans cœur », rapporte cette fois-ci l’agence Interfax. Une journée nationale de deuil va alors être observée vendredi dans la région alors affectée, à la mémoire des victimes.

De fait, le Caucase du Nord, l’Ingouchie ou encore le Daguestan (récent attentat du 4 septembre 2010), demeurent sensiblement gangrenés par l’insubordination et sédition meurtrière, même, des islamistes, contestation qui trouve son origine dans les deux guerres ayant charcuté la République Tchétchène depuis la dislocation de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Après l’achèvement officiel, au printemps 2009, de l’opération « anti-terroriste » en République Tchétchène, un bataillon de quelques dizaines de milliers de soldats russes a été éployé dans les républiques du Caucase. La question demeure désormais de savoir si les autorités parviendront à juguler l’inflation de violence dans cette région alors bringuebalée depuis longtemps.

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