Edward Miliband un nouvel avenir pour le parti travailliste en Grande-Bretagne ?

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Ed Miliband a été élu nouveau leader du parti travailliste lors d’une élection interne dont les résultats ont été rendus public ce week-end à Manchester. A quarante ans il devance son frère, David Miliband (45 ans) malgré son manque d’expérience politique : il a été ministre de l’environnement de 2008 à 2010 et n’est député que depuis 2005. Or, son frère paraissait plus légitime : ex-ministre des affaires étrangères de 2007 à 2010, député depuis 2001, inscrit dans la ligne blairiste du Labour.

Ainsi, David Miliband était donné vainqueur depuis plusieurs semaines. Mais Ed est sorti vainqueur d’une courte tête (50,65% des voix contre 49,35% pour David), l’emportant d’abord par son positionnement plus à gauche que son frère. En effet, sur de nombreux sujets Ed se montre plus à gauche que l’orthodoxie de la « troisième voie » promue par Blair : hausse du salaire minimum, plus d’impôts pour les plus haut revenus, de nouvelles sanctions contre les banques… Au point d’être surnommé « Red Ed », Ed le rouge, par ses détracteurs. Or il faut savoir que le collège électoral du parti se compose en égales parts des députés, des membres du parti et des syndicats (sur la base desquels le parti a été créé en 1900). Et donc Ed a majoritairement bénéficié du soutient des syndicats par ses propositions, ce qui lui a permis de s’imposer.

David a dû ravaler sa fierté, ce qui est d’autant plus difficile qu’il était resté fidèle au parti jusqu’au bout : même lorsqu’ il était en position de force quand Gordon Brown a commencé à sombrer. Pourtant David fût un blairiste de la première heure, votant l’intervention en Irak en s’opposant aux brownistes, que son frère soutenait. Ce vote et ce soutient de quinze ans de blairisme dont le Labour a maintenant soupé, ont été eux aussi décisif pour la victoire d’Ed. Il devrait aussi mettre de l’eau dans son vin dans l’espoir de rassembler jusqu’au centre, qui représente encore 15% des voix. Et ce au plus vite : David Cameron a salué cette victoire tout en soulignant que ni l’un ni l’autre des frères n’avait de solutions pour sortir le pays de la crise dont ils avaient participé à l’y plonger. Il devrait annoncer son plan de réduction des dépenses publiques de trente milliards de livres qui touchera durement le secteur social.

Ed doit faire son discours de ralliement devant son parti mardi prochain et chercher à s’imposer dans les sondages. Quoiqu’il en soit, l’avenir de la « troisième voie » semble bien sombre après l’échec de son projet de croissance basée sur le secteur financier. Ed devra faire un choix, rallier l’autre moitié du parti qui a cru au projet plutôt blairiste de son frère, ou risquer de se l’aliéner en proposant son propre modèle politique. Rappelons que la gauche « classique » avait fait du pays « l’homme malade de l’Europe » avant l’arrivée de Thatcher. Ed Miliband n’a qu’une très faible marge de manœuvre.

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