La Russie, unie derrière ses dirigeants ?

Shares

Le parti Russie Unie de Vladimir Poutine arrive en tête des législatives qui se tenaient aujourd’hui dans le pays. Un résultat attendu pour des élections dont la transparence avait été contestée avant même qu’elles n’aient  lieu, même si le score de Russie Unie n’a pas été à la hauteur des attentes de ses dirigeants.

Avec environ 48,5% des voix à la sortie des urnes, le parti Russie Unie est le gagnant de la journée.

Un succès prévisible, prévu et même planifié puisque tous les adversaires avaient été soigneusement muselés.

Avant même la tenue du scrutin, des soupçons de fraude électorale avaient surgi, tandis que durant la journée, plusieurs cyber-attaques contre des sites indépendants ont été recensées. Pour autant, Russie Unie, qui disposait de la majorité absolue (plus de deux tiers des voix), a visiblement souffert de la baisse de popularité de ses deux têtes d’affiches, Poutine et Medvedev, depuis ces derniers mois.

Si Russie Unie a maîtrisé ces élections pour le renouvellement de la Douma (chambre basse du Parlement), il faut néanmoins souligner qu’elle n’avait pas de réelle force d’opposition en face d’elle. Parmi les partis siégeant déjà à la Douma, seul un, le Parti Communiste, pouvait être qualifié de véritable force d’opposition : il obtiendrait aujourd’hui près de 20% des suffrages.  Les autres,  courants  proches de Russie Unie, ne semblent être là que pour donner l’illusion du multipartisme. Illusion à laquelle est très attachée Moscou, de même que le terme de démocratie et d’élections, car cela lui permet de parler d’égal à égal avec les puissances occidentales.

Pour autant, le fonctionnement est tout autre : Poutine, qui a prévu de se présenter aux Présidentielles de 2012,  après avoir laissé pendant quatre ans le siège à son allié Medvedev, est bien parti pour battre le record de longévité de Leonid Brejnev au pouvoir (de 1964 à 1982). La Constitution qu’il a depuis fait modifiée l’avait empêché de se représenter après trois mandats consécutifs (2000-2008). L’allongement de mandat qu’il a fait voter en tant que Premier Ministre, et dont il sera sans doute le premier à pouvoir profiter, lui permettra de rester au pouvoir six ans, et de se représenter ensuite : Poutine au pouvoir jusqu’en 2024 ?

Des élections au résultat connu d’avance, un gouvernement hypercentralisé, le blanc-seing donné à un régime- la Syrie- qui pratique de sanglantes répressions sur son peuple, des Services Secrets prenant de plus en plus de place : les attributs de la Russie d’aujourd’hui sont de plus en plus éloignés de l’idée que l’on peut se faire d’une démocratie. Mais tant que la Russie (et sa population) y trouve son compte…

Shares

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.