Face à la nouvelle stratégie d’Al Qaeda, Ben Laden doit se retourner dans sa tombe…

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Il semble bien loin le temps où l’organisation terroriste avait de quoi effrayer l’Occident. Aujourd’hui, ce ne sont que quelques pays musulmans qui sont terrifiés par les ramifications du mouvement.

Le djihad d’Al Qaeda n’est véritablement plus celui voulu par Ben Laden. L’objectif clairement affiché n’est plus celui de commettre des attentats touchant les intérêts occidentaux. Ou pas directement. On ne peut pas nier l’influence prise par les ramifications au Yémen, en Syrie, en Irak, en Somalie et dans la zone sahélienne, portée par des mouvements tels que Al-Qaeda au Maghreb Islamique ou Al-Shebab. Mais, en réalité, Al-Qaeda n’est plus qu’un nom d’emprunt, tel un modèle, une marque à porter pour toute organisation terroriste cherchant à se faire un nom. Pour un résultat clair et net : à force de ne propager que haine, violence et destruction dans les communautés locales, le soutien porté à Al-Qaeda au sein du monde musulman, palpable dans certaines régions du globe après le 11 septembre, n’existe presque plus.

Une menace malgré tout palpable de la part d’un mouvement privé de tout stratège

Mais de là à nier que les ramifications d’Al Qaeda ne sont plus une menace pur l’Occident, c’est une erreur. Ces mouvements restent capables de s’en prendre très ponctuellement aux intérêts occidentaux, en profitant, par exemple, des contrôles inopérants dans les aéroports mondiaux. Cependant, la tactique globale a terriblement changé : il faut maintenant propager un islam extrémiste partout où cela est possible. La destruction actuelle des trésors culturels de Tombouctou en est un symbole très présent. Idem au Nigeria, où la secte Boko Haram prône la disparition totale des Chrétiens vivant dans le pays.

Peut-on ainsi penser que tous ces groupes indépendants cherchent à s’implanter localement un peu partout, avant de s’unir pour réattaquer l’Occident, ce pour quoi Al-Qaeda avait été fondée ? Difficile de répondre à la question. En retour, l’Occident doit-il mettre en place un contre-terrorisme global face à ces menaces ? Clairement non, car la bonne solution n’est absolument pas de désigner tous ces mouvements sous la même bannière Al-Qaeda.

Au final, la mort officialisée de Ben Laden  a, comme annoncé par beaucoup, fait perdre au mouvement l’unité que son créateur a voulu mettre en place. Ses dernières lettres montraient bien la préoccupation qu’il portait au fait que l’unité des mouvements terroristes n’existait plus vraiment. Ce qui ne peut qu’exacerber les tensions au sein des différentes communautés victimes des branches d’Al-Qaeda partout dans le monde. Que discréditer l’ambition d’Al-Qaeda. Que propager le « syndrome somalien » du Mali à l’Irak.

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