Où va Israël ?

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Malgré des sondages peu favorables et la volonté de l’opposition de faire de cette élection un référendum sur le maintien de Benjamin Netanyahou, le Likoud est sorti en tête des élections législatives du 17 février 2015. Le parti du Premier Ministre sortant s’est imposé en remportant 30 sièges au sein de la Knesset. Cela a notamment été possible grâce à une hystérisation du débat axé, dans la dernière ligne droite, sur les questions sécuritaires et nationalistes. Ces élections anticipées résultent  de la volonté de Netanyahou de renforcer la cohérence idéologique de son gouvernement. La législature précédente devait initialement s’achever en 2017. Cette victoire ne lui assure cependant pas de se maintenir au pouvoir automatiquement. Cela dépendra de sa capacité à obtenir 61 sièges au sein de la Knesset et de former un gouvernement de coalition. Si elles font triompher une ligne politique dure et nationaliste, ces élections ont aussi été une occasion pour l’opposition arabe de se positionner comme troisième force politique du pays. Le changement du seuil d’éligibilité pour entrer à la Knesset a été modifié en 2014 passant de 2 à 3,25%. Si une moindre représentation des petits partis avait été redoutée, cela a permis à certains d’entre eux de se rassembler, à l’image de la Liste Arabe Unie qui a obtenu 14 sièges au sein de la Knesset. La portée de ce score historique, notamment pour les Arabes d’Israël (20% de la population), demeure incertaine tant sur le plan national que régional.

Apres les élections, quels défis pour Israël ?

Dans sa tentative de s’assurer la victoire, le Premier Ministre sortant a durci son discours, notamment concernant le conflit israélo-arabe en revenant sur la possibilité de la création d’un Etat Palestinien. Le discours de 2009 de Bar Ilan au cours duquel il s’était exprimé en faveur de la possible solution à deux Etats n’est ainsi plus d’actualité. Selon lui les événements survenus dans le monde arabe en 2011 empêchent toute perspective de reconfiguration territoriale, en ce que cela pourrait transformer le voisinage d’Israël en base d’opération par des islamistes. Cette posture, vivement critiquée par la communauté internationale, est perçue par les autorités palestiniennes comme le refus de la voie du partenariat  faisant écho à l’échec des négociations de mars 2014  . Cela risque de renforcer à moyen terme l’intensification de l’action diplomatique de l’autorité palestinienne qui a déclaré qu’elle poursuivra effectivement les dirigeants israéliens pour crimes de guerre auprès de la Cour Pénale Internationale. De même, le Hamas a déclaré ne plus faire de distinction entre les différents partis israéliens, considérant le résultat des élections comme un point de non retour. L’organisation se dit être prête en cas de nouvelle guerre. Cette campagne et les positions du Premier Ministre sortant ont également fragilisé une relation déjà tendue avec les Etats-Unis. La politique étrangère américaine au Moyen Orient, et en particulier la question du nucléaire iranien, est au centre de cette détérioration de la relation. Cette crise de confiance entre les alliés risque à moyen et long terme de compliquer l’apaisement de la région. Enfin, l’Union européenne a insisté sur l’importance, après cette victoire, d’un leadership audacieux favorisant une relance du processus de paix. La question de la colonisation, que Benjamin Netanyahou a clairement déclaré vouloir continuer en construisant des logements à Jérusalem-Est afin de limiter la présence de Palestiniens dans cette zone reste un sujet de tensions. L’UE, un des principaux partenaires commerciaux d’Israël, envisage en ce sens de prendre des sanctions économiques si cette politique venait à se poursuivre. Cette victoire du Likoud et de Benjamin Netanyahou apparait ainsi de plus en plus en demi-teinte.

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