Trois mois après, Kadhafi tient toujours bon en Libye

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Malgré la mort d’un de ses fils, des défections en pagaille, des attaques de l’OTAN le visant personnellement, le Colonel Kadhafi règne toujours sur au moins les deux tiers du territoire libyen. Les pays étrangers ne sachant pas comment véritablement aider les rebelles, le conflit perdure et la fin de Kadhafi n’a semble-t-il pas (encore) sonné. La décision de la Cour pénale internationale de poursuivre en justice le clan Kadhafi n’est qu’une preuve de plus que seule la mort du rais par assassinat (direct ou indirect) apparait comme la seule solution pour en finir avec quarante ans de régime autoritaire. Mais certainement pas pour en finir avec une guerre civile…

Car tout simplement Kadhafi n’a pas le choix. Suite aux sanctions, il ne pourra guère fuir à l’étranger comme ses confrères Ben Ali et autres Moubarak, même si le Zimbabwe, le Venezuela, voire la Russie (tiens, tiens, étrange…) restent des destinations possibles. L’hypothèse d’une reddition parait peu probable vu le procès joué d’avance qui se tiendrait par suite. Bref, Kadhafi n’attend qu’une chose : mourir en martyr, tué si possible par une arme ennemie, pour encore plus exacerber le ressentiment arabe vis-à-vis d’un Occident taxé d’ingérence depuis l’affaire Ben Laden, même si la majorité de la rue arabe souhaite le départ de Kadhafi. La négociation entre les deux parties n’est pas à l’ordre du jour, notamment (et paradoxalement) du côté de l’opposition.

L’affaiblissement du régime Kadhafi n’est qu’apparent. Certes, beaucoup de ministres et hauts dignitaires ont fui. Mais ce serait bien la défection des chefs militaires proches du rais qui porterait un coup d’arrêt pratiquement décisif au régime. Cependant, l’OTAN ne croit pas apparemment en une implosion du régime, ou du moins pas encore. Par ses bombardements, l’OTAN cherche à provoquer des ruptures d’approvisionnement et des défections pour faire monter le mécontentement parmi la population.

Au final, trois mois après le début des révoltes et deux mois après l’entrée en guerre de l’OTAN, Kadhafi tient bon. La partie sud du territoire n’est plus contrôlée par les forces régulières, laissant penser que la menace AQMI puisse se préciser un jour ou l’autre, attirée par les caches de missiles sol-air et autres armes confisquées par les rebelles. L’incompréhension règne : comment une organisation telle que l’OTAN (incluant les Etats-Unis, qui ont défait la grande armée de Saddam en Irak) n’arrive-t-elle pas à vaincre l’armée de Kadhafi, pourtant bien moins équipée et nombreuse ? Bâcler les opérations en Libye ferait perdre à l’Occident bien plus que la seule confiance du peuple arabe…

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