Saleh, Kadhafi : deux autocrates, deux mêmes destins mortuaires ?

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L’un a été directement touché par un obus, mais il n’est pas celui que l’on croit. Alors que Kadhafi, au contraire de Saleh ou d’El-Assad, subit les ires de l’OTAN depuis quelques semaines, nous poussant au doute sur les véritables raisons de l’attaque de son régime, le Président yéménite Ali Abdullah Saleh est hospitalisé en Arabie Saoudite depuis quelques jours, suite à l’attaque de son palais par des forces tribales hostiles à son régime.

L’instrumentalisation des crises touchant leurs pays respectifs est peut-être le seul moyen que ces deux autocrates aient trouver pour gagner du temps face aux assauts de l’opposition. Le régime de Saleh est en effet en train d’accuser les islamistes, et notamment les forces d’Al-Qaïda, des attaques répétées contre le régime depuis le début des révoltes populaires. Les Occidentaux ne sont pas naïfs au point de croire que les révoltes viennent en premier lieu du peuple, non des islamistes, et que ce régime tente de se racheter une conduite en se posant comme victime du terrorisme. L’Occident, contrairement à ce qui se passe en Libye, n’a plus qu’à attendre que le régime yéménite implose de lui-même, tiraillé par son tribalisme ambiant et des islamistes toujours plus offensifs.

En Libye, à la fin de chaque semaine, il semble que l’on puisse faire à chaque fois le même résumé : attaques aériennes, révoltes de l’opposition, mais le régime de Kadhafi tient bon. Et donc, au contraire du cas yéménite, le salut ne viendra que de l’étranger. La Turquie, dans un discours non dénué d’arrière-pensées diplomatiques, a proposé à la communauté internationale l’accueil de Mouammar Kadhafi. Lequel hésite de plus en plus à mourir en martyr, dernière étape de sa « staritude » autocratique.

L’OTAN détruit chaque jour les possessions stratégiques de Kadhafi, sans que cela ne soit suffisant pour pousser le rais à la fuite, celui-ci continuant des raids dans des villes du pays. Un scénario, inimaginable au début, devient alors plausible : si couper les branches du problème ne sert à rien, pourquoi ne pas s’attaquer directement à la tête, en tuant Kadhafi ? L’OTAN n’a pas des ressources infinies pour cette mission, et de jour en jour, le conflit donne l’impression de s’enliser, les rebelles attendant vraisemblablement trop des troupes étrangères pour décider de leur avenir. Après Saddam Hussein et Oussama Ben Laden,  le troisième ennemi autoproclamé des Etats-Unis tué par une arme américaine ? Voilà ce dont rêve (sûrement) le tyran libyen.

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