Le Liban se dote d’un nouveau gouvernement à la botte de son voisin syrien

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Cruel destin que celui qui touche le Liban depuis six ans et la mort de l’emblématique Rafic Hariri, avec l’absence ce stabilité politique. Alors que le voisin syrien est à feu et à sang depuis des semaines, sa population ayant compris l’inefficacité du clan El-Assad, le Liban s’est doté hier d’un gouvernement à forte tendance pro-syrienne, faisant penser que l’influence d’El-Assad se fait encore sentir hors des frontières syriennes.

Pour la première fois depuis 2005, le Liban sera véritablement dirigé par un seul et unique parti, et non plus par une coalition. Le mandat de Saad Hariri ayant été stoppé par la démission de plusieurs ministres du Hezbollah en janvier dernier,  le Hezbollah a définitivement pris les rênes du pays. Certes, il ne contrôle officiellement que deux ministères, mais le premier ministre Mikati est définitivement un défenseur de leur cause, notamment en ce qui concerne la reconquête de territoires actuellement occupés par Israël.

Mikati tentera de créer un front uni au sein de ce nouveau gouvernement face à la décision probable du Tribunal Spécial pour le Liban d’accuser certains membres du Hezbollah pour l’assassinat de Rafic Hariri. Mikati, ancien magnat des télécommunications est, comme le veut la tradition, un sunnite (le Président est obligatoirement un Chrétien, le Président de l’Assemblée est un chiite). Il devra encore une fois rassembler les différentes communautés, en tenant compte du fait que, pour la première fois, il y aura plus de ministres sunnites que chiites. Avec l’inquiétude supplémentaire de subir les critiques concernant la surreprésentation de membres du Hezbollah et au contraire l’absence de ministres du clan Hariri.

Le premier défi du gouvernement sera donc de gérer les conséquences de la décision du TSL. Quel sera le comportement des puissances occidentales vis-à-vis de ce gouvernement pro-syrien et géré par le Hezbollah ? Nul doute que le premier objectif de celles-ci sera d’avant tout  de nuancer leurs propos afin d’éviter tout dérapage.  Alors que celles-ci se tiennent à l’écart (pour l’instant) des révoltes contre Bachar el-Assad, il serait inutile et inopportun d’agiter le courroux des populations sur une éventuelle ingérence dans les affaires libanaises. Pour un pays encore trop instable politiquement.

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