En Tunisie, le malaise social est grand

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Pour comprendre les événements actuels en Tunisie, il faut revenir à l’année dernière. Là, un fait qui aurait pu paraitre anodin a déclenché ce qui est aujourd’hui un mouvement social sans précédent. Mohamed Bouazizi est un vendeur ambulant de 26 ans. Le 17 décembre dernier, il se fait saisir sa marchandise et perd tout moyen de subsistance, en plus d’être maltraité par les agents municipaux. En signe de protestation, ce jeune homme de 26 ans décide de s’immoler devant la préfecture de Sidi Bouzid. Il y a deux jours, dans la nuit de mardi à mercredi, ce Tunisien au geste désespéré, dont l’état de santé restait très précaire depuis trois semaines, est décédé. Mais son acte est hautement symbolique, et nombreux sont les Tunisiens qui se sont montrés solidaires avec M. Bouazidi. Une foule d’environ 5000 personnes aurait assisté à son enterrement, en demandant vengeance à travers des slogans à l’encontre du gouvernement. Et aujourd’hui, les tentatives de suicide se multiplient à travers le pays, parfois avec des conséquences dramatiques…

Mais pourquoi ce geste est-il tant symbolique ? M. Bouazizi a choisi de mettre fin à ses jours devant une préfecture, c’est-à-dire devant un bâtiment représentant les autorités et le pouvoir en place, et ce en guise de protestation. Les émeutes qui se succèdent depuis reflètent le sentiment tunisien en général : la Tunisie manque de démocratie à cause du verrouillage opéré par le président Ben Ali, à la tête du parti unique, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD). Cet événement a fait prendre conscience à de nombreux Tunisiens que le pays devait évoluer, d’autant que les problèmes économiques (chômage, vie chère, salaires bas…) restent importants et qu’une partie non négligeable de la population pâtit de la crise mondiale actuelle.

Pourtant, l’opposition, qui vit dans la clandestinité et manque de visibilité, ne semble pas pouvoir donner d’alternative sérieuse au gouvernement en place. Le manque de démocratie dans le pays n’aide pas à la formation d’un esprit critique depuis déjà longtemps. Mais aujourd’hui, la réalité et la dureté de la vie ne semblent plus supportables pour les Tunisiens. Le malaise est si grand que les Tunisiens ne veulent plus se taire et subir. Même la censure se brise peu à peu. Ben Ali, au pouvoir depuis plus de 23 ans, n’est plus désiré, mais il peut encore user (et use déjà) d’une répression imposante pour mettre fin à ces troubles et conserver sa mainmise sur le pays. Mais qu’adviendra-t-il lorsque Ben Ali cédera sa place ? Qui le remplacera et que deviendra la Tunisie ? Nous le saurons peut-être bientôt…

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