La fièvre révolutionnaire contamine le Golfe persique

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Comme annoncé, la vague démocratique se propage à toute vitesse vers l’Est. Dans le Golfe persique quatre régimes sont menacés par une fièvre révolutionnaire décidément contagieuse de connaître le même destin que l’Egypte et la Tunisie.

À un détail près : les révolutions tunisiennes et égyptiennes ont toutes les deux été soutenues et permises par les Etats-Unis. Certes, le coup de main apporté aux révolutionnaires par les Etats-Unis n’a pas constitué l’essentiel des mouvements pour la démocratie dans les pays arabes. Néanmoins, c’est cette aide qui a permis aux manifestants de porter le coup décisif contre Ben Ali puis Moubarak. Dans le premier cas, c’est l’ambassadeur américain à Tunis, Gordon Gray, qui a demandé à l’armée de faire pression sur le dictateur pour presser son départ. En Egypte, après quelques hésitations, le gouvernement américain a finalement pris fortement position contre Moubarak. Ainsi le 4 février Barack Obama déclarait lors d’une conférence de presse qu’il fallait entamer « une transition substantielle » au plus vite. « L’avenir de l’Egypte doit être déterminé par le peuple » avait-il ajouté.

Aussi bien dans le cas tunisien qu’égyptien les Etats-Unis furent soucieux d’éviter que des révoltes trop longtemps réprimées ne soit un tremplin pour la propagation d’idéologies extrémistes. En Egypte, le mouvement religieux et politique des Frères musulmans, interdit sous la présidence de Moubarak, et qui avait réussi à remporter 88 sièges lors des élections législatives de 2005, était tout particulièrement visé. À l’inverse, au Yémen les révolutionnaires sont menés et entraînés par Al-Qaïda dans le Sud ; tandis qu’au Nord ils prennent part à un mouvement de contestation d’obédience chiite qui, selon les sources de l’AFP, aurait pour but de rétablir l’Imamat, un système de gouvernement royal par les Imams déjà appliqué dans le pays et aboli en 1962.

En ce qui concerne Bahreïn, les troubles opposent une minorité sunnite au pouvoir à la majorité de la population, de confession chiite, et écartée du pouvoir. Soit une traduction locale du conflit d’influence qui oppose l’Arabie Saoudite, alliée aux Américains, à l’Iran, ennemi juré des Etats-Unis dans la région. L’Iran pourrait bénéficier d’un renversement à Bahreïn et l’affaire ne serait pas vraiment bonne pour les Etats-Unis.

Derniers pays où des troubles sont apparus récemment : l’Arabie Saoudite et le sultanat d’Oman. Laisser s’écrouler des régimes jusque là stables, alliés de longue du monde occidental et contrôlant quelques uns des points les plus stratégiques au monde pour promouvoir un régime de liberté serait un pari trop risqué pour les Etats-Unis. D’autant plus que l’Arabie saoudite pourrait bien posséder en 2050 90% des réserves en pétrole mondiales – dans le cas où aucune nouvelle source ne serait découverte. Pas question de remettre en jeu l’alliance avec la monarchie saoudienne donc.

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