Libye, fin de la médiation : le coup de grâce ?

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Le résultat de la médiation mise au point par l’Union africaine et présenté aujourd ‘hui à Mouammar Kadhafi par le président de l’Afrique du Sud Jacob Zuma vient d’être rejeté par le Conseil national de transition (CNT). Dans le même temps, l’OTAN renforce sa force de frappe et le régime libyen voit de plus en plus de ses représentants déserter.

Kadhafi a certes affirmé être prêt à respecter un cessez-le-feu et à appliquer le plan de sortie de crise mis au point par l’Union africaine (UA), il refuse de quitter le pouvoir : condition pourtant sine qua none d’un arrêt des opérations du CNT. Le CNT voit en effet plus dans ce cessez-le-feu une tentative de se maintenir qu’une réelle avancée. Le problème, c’est que même Prétoria admet que Kadhafi exclue totalement de quitter le pouvoir. Jacob Zuma savait en arrivant en Libye que les chances de succès étaient faibles. La précédente médiation de l’UA en avril avait rencontré le même écueil, mais Zuma espérait ménager une porte de sortie à Kadhafi. Malgré une longue entrevue aucun résultat n’a donc été obtenu. Zuma met alors en cause l’intervention de l’OTAN qui aurait ôté toute autorité à l’UA. Il faut cependant souligner que la parole de Kadhafi ne vaut plus grand chose étant donné qu’il avait déjà proposé des cessez-le-feu lorsque ses troupes remontaient vers Benghazi, accords qu’il s’était empressé de violer dans l’heure. Il paraît donc impossible d’établir une médiation entre les deux parties : celle-ci reposant nécessairement sur une relation de confiance établie entre les protagonistes.

Au même moment, dans la nuit de lundi à mardi, les avions de l’OTAN ont mené des frappes sur Tripoli et sa banlieue. Des hélicoptères de combats français sont désormais déployables sur les théâtres d’opérations et devraient pouvoir apporter un soutient tactique qui manquait cruellement à l’insurrection jusqu’ici. La chaîne al-Jezira a même montré dans un reportage des images de cinq occidentaux armés en conversation avec des soldats rebelles, ce qui renforce les soupçons d’engagement de forces spéciales occidentales aux côtés du CNT.

Enfin, à ce renforcement des moyens militaires s’ajoute le retournement de veste de huit officiers (dont cinq généraux) au profit de la résistance. On peut cependant pondérer cette fuite en soulignant que Kadhafi s’appuie essentiellement sur une armée de mercenaires qui agissent hors du cadre de l’armée traditionnelle, sans réels pouvoirs. Il n’en demeure pas moins que Kadhafi a perdu un soutient diplomatique de poids avec son abandon par la Russie vendredi. Enfin, selon les Nations unies, des régions sous le contrôle de Tripoli ne disposeraient plus que de quelques semaines de stocks de médicaments et de nourriture. Et des populations non soutenues par le régime n’ont plus aucune raison d’en accepter l’autorité.

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