Révolution en Libye : comment éviter l’enlisement de la situation et un sort semblable à celui de l’Irak ?

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Alors que les rebelles libyens se sont emparés de la capitale Tripoli dans les journées de dimanche et de lundi, et que le régime du Colonel Kadhafi est en passe de céder à la pression des rebelles après 42 ans de « règne », le destin de Mouammar Kadhafi et son pays évoque sur bien des points celui d’un autre tyran arabe déchu : Saddam Hussein.

Et ce n’est pas uniquement pour des détails de l’histoire que les deux dictateurs peuvent être comparés, comme par exemple le fait que deux des fils de chacun d’eux, dont l’héritier désigné du pouvoir, se sont rendus rapidement aux rebelles, ou comme le fait que les deux chefs se sont cachés dans de vastes complexes sous-terrains pendant les bombardements de la coalition, ou encore leur refus catégorique de se rendre pacifiquement en cédant à la volonté populaire et internationale.

La véritable question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la Libye, une fois débarrassée de son dictateur, sera plongée dans une guerre civile fratricide et si les forces armées occidentales seront entraînées dans la même situation chaotique qu’après la révolution irakienne de 2003.

Le Premier Ministre britannique David Cameron a été un des premiers dirigeants occidentaux à insister sur la différence entre la succession rapide d’événements ayant donné lieu à la rébellion en Libye et les violences partisanes chroniques ainsi que les assassinats-représailles à répétition qui ont suivi l’invasion en Irak. Il a d’ailleurs annoncé aux journalistes présents à Downing Street que des « experts de la stabilisation politique » travaillent depuis des mois avec les rebelles libyens afin d’élaborer un plan de stabilisation efficace pour Tripoli. Il assure que les rebelles, menés par Mustapha Abdul Jalil avec qui le gouvernement britannique serait en contact, sont déterminés à respecter les principes des droits de l’homme et à éviter toutes représailles, en particulier envers les tribus de l’Ouest qui ont soutenu le Colonel Kadhafi. Les rebelles demanderaient également, pour un retour à la normale aussi rapide que possible, la (re)construction d’infrastructures médicales ainsi que de réseaux de communication et d’électricité.

Cependant, certains experts répondent à l’euphorie ambiante que même avec les meilleures intentions de la part des puissances occidentales et des acteurs de la rébellion, la descente aux enfers de l’Irak n’aurait pu être empêchée. Reste à savoir si les ambitions des rebelles portées par un soutien international unanime vont suffire à contenir les germes déjà visibles de conflits politiques, tribaux et partisans.

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