Egypte : la communauté copte critique la répression d’une manifestation par le gouvernement

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Ce lundi, l’Eglise copte d’Egypte a violemment critiqué la répression par le gouvernement d’une manifestation ayant eu lieu la veille, et qui a fait au moins 24 morts, chrétiens pour la plupart.

Les manifestations de dimanche ont été les plus violentes en Egypte depuis la révolution qui a écarté Hosni Moubarak de la présidence 8 mois auparavant, et elles soulèvent la question de la capacité du pays à s’orienter vers un régime démocratique tolérant et marqué par une véritable pluralité politique.

L’Eglise copte, qui représente 10% de la population égyptienne, soit près de 9 millions de personnes, accuse les forces de l’ordre d’avoir provoqué une émeute sectaire à partir d’une manifestation pacifique pour justifier une répression violente à l’encontre des protestants de religion copte. Les dirigeants étrangers ont d’ailleurs exprimé leurs inquiétudes, et la Maison Blanche a insisté sur la nécessité pour les Egyptiens de respecter les droits des minorités, dont les Coptes, en particulier le droit de manifester librement et pacifiquement et la liberté de culte.

Les violences ayant eu lieu dimanche seraient consécutives à une manifestation copte visant à protester contre l’attaque récente d’une de leurs églises, mais nul doute que la défiance grandissante vis-à-vis de l’autorité militaire en place qui tarde à donner le pouvoir aux citoyens depuis l’éviction de Moubarak n’a pu qu’aggraver l’ampleur de la protestation. Ces événements ont lieu dans un contexte d’escalade des tensions entre les Coptes et la majorité musulmane en Egypte.

Si les Coptes avaient rejoint en nombre le mouvement démocrate contre Moubarak en espérant la protection d’un gouvernement démocratique et pluraliste à venir, la montée du pouvoir des Islamistes laisse des doutes quant à l’instauration d’un gouvernement tolérant, en particulier en matière de religion.

Lors de la manifestation, ce sont bien des chants anti Mohamed Hussein Tantawi (le président égyptien actuel, qui n’a donc aucune légitimité politique puisque non-élu dans le cadre d’élections démocratiques) qui ont été entamés par les Coptes. De l’autre côté, les policiers et les militaires chargés de la répression du mouvement protestataire de dimanche ont été accompagnés des chants hostiles à la communauté copte et pro-islamistes de centaines d’hommes armés de matraques et de pierres.

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