« Back to Bangalore », le brain gain en Inde
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« Back to Bangalore », le brain gain en Inde

 

Chaque année, environ 800 000 jeunes Indiens décident de quitter leur pays pour étudier à l’étranger (1). Ce chiffre ne cesse d’augmenter selon le gouvernement indien. En prenant connaissance de cette réalité, on comprend pourquoi l’Inde affirme être victime de « brain drain », en d’autres termes de la fuite de ses cerveaux les plus prometteurs. Cependant, depuis quelques années, le phénomène inverse – « brain gain » (c’est-à-dire une augmentation du nombre de travailleurs qualifiés dans un pays, du fait de l’immigration) – est observable.

On parle du phénomène « Back to Bangalore », en référence à la ville considérée comme la « Silicon Valley indienne », où de nombreuses entreprises du numérique ont posé leurs valises. Étant donné qu’il s’agit d’une des régions les plus innovantes au monde, de nombreux jeunes diplômés Indiens y tentent leur chance. Selon une étude menée par Aurélie Varrel, le retour à Bangalore s’inscrivait souvent dans une logique de continuité de la carrière professionnelle. Les Indiens ayant fait leurs études à l’étranger décidant de faire carrière dans leur pays d’origine, parviennent à gravir les échelons plus rapidement qu’aux États-Unis ou en Europe.

Toutefois, le phénomène pourrait se renforcer avec l’arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis. En effet, depuis son élection, le nombre d’Indiens résidant aux États-Unis cherchant un travail en Inde a augmenté. Selon le cabinet de conseil Deloitte Touche Tohmatsu, ils étaient seulement 600 en décembre 2016, puis 7000 en mars 2017. Un rapport du Ministère des Sciences et Technologies a révélé que le nombre de scientifiques revenus en Inde entre 2012 et 2017 (649 retours), a augmenté de 70% par rapport à la période 2007-2012 (243 retours).

Le gouvernement indien a évidemment compris l’intérêt que cela représentait pour le développement économique du pays, et pour son rayonnement international. Des politiques publiques voient le jour, pour encourager les membres de la diaspora à revenir en Inde. Par exemple, en février dernier, le ministre des Finances, Arun Jaitley, a annoncé la création d’une bourse d’études. Plus de 1000 étudiants spécialisés dans les nouvelles technologies, voulant faire un doctorat à l’Institut indien de technologie (IIT) ou à l’Institut indien de science (IISc), pourraient en bénéficier. Prakash Javadekar, ministre du Développement des ressources humaines, a affirmé qu’un tel programme pouvait transformer définitivement le « brain drain » en « brain gain ».

(1) 85% d’entre eux décident d’étudier dans un de ces cinq pays : États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada et Nouvelle-Zélande.

Pour aller plus loin : Aurélie Varrel, « Back to Bangalore »: étude géographique de la migration de retour des indiens très qualifiés à Bangalore (Inde), Thèse, Université de Poitiers, 2009.

 

About Sophie GUILLERMIN-GOLET

Diplômée de Sciences Po Bordeaux (Master Bordeaux International Relations Degree), passionnée par les questions géopolitiques.

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