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L’Indonésie, nouveau tigre asiatique ?

 

Chacun se souvient du Tsunami qui avait frappé les côtes Indonésiennes le 26 décembre 2004, tuant des dizaines de milliers de personnes, et laissant d’Indonésie l’image d’un de ces pays en développement qui, touché à son tour par une catastrophe, mettrait des décennies à se relever. Dix ans plus tard, le visage de l’Indonésie est pourtant radicalement différent, au point que le pays aspire au rang de septième puissance mondiale d’ici 2030. Mais l’Indonésie a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions ?

 Un pays béni des dieux

L’Indonésie dispose de nombreux atouts offerts par dame nature. Géographiquement, le pays est idéalement situé, en plein coeur des grandes routes maritimes de la région. Le détroit de Malacca est d’ailleurs l’une des zones où naviguent le plus de navires au monde. L’Indonésie possède également de nombreuses ressources naturelles. Des hydrocarbures, bien sûr (le pays est le huitième exportateur mondial de gaz), mais pas seulement. Y sont également produits en grande quantité du caoutchouc, du cacao, de l’huile de palme, et surtout de l’étain, dont l’Indonésie est l’un des premiers producteurs. Toutes ces ressources lui apportent des liquidités, et lui confèrent un potentiel de développement important.

 Une croissance économique soutenue

Il est indéniable que l’Indonésie fait aujourd’hui partie des pays dits « émergents ». La croissance du PIB était de 6% en 2012. Au delà de cet indicateur qui ne dit pas tout, la force de l’Indonésie, c’est sa population. Peuplé de 220 millions d’habitants, le pays dispose d’une classe moyenne de 90 millions d’habitants qui consomme : sa consommation représenterait 60% du PIB du pays environ. Cette classe moyenne est d’ailleurs appelée à augmenter de 30 millions de personnes d’ici à 2025. Dès lors, un centre commercial ouvre à Jakarta presque chaque mois. Ce dynamisme attire de nombreuses entreprises de tous secteurs : Toyota, Suzuki, Lafarge, Loréal, etc. D’ailleurs, le pays, qui n’est endetté qu’à hauteur de 24% de son PIB, est classé au vingt-cinquième rang mondial pour sa stabilité économique.

 Des défis à surmonter

Malgré tout, l’Indonésie connaît encore d’importantes difficultés qui devront être écartées pour que le pays « réussisse ». D’abord, les infrastructures (transports, eau, électricité, …) sont déficientes, ceci étant en partie la conséquence de la fragmentation du pays en 17 000 îles. En outre, 45% de la population vit encore en marge de la croissance, avec moins de 2$ par jour. Cette population là n’a d’ailleurs pas accès à l’éducation. De cette pauvreté résulte une économie parallèle de subsistance. On estime que 40% de la production d’étain provient de mines clandestines, dont les petites mains sont souvent des ruraux sans terres. L’ampleur de ce chiffre est aussi la conséquence de la corruption. L’Indonésie est une démocratie fédérale, c’est pourquoi les autorités centrales ont beaucoup de difficultés à juguler cette corruption qui est enracinée du niveau local jusqu’aux plus hautes instances de l’Etat, et qui gangrène véritablement le pays : c’est là le principal mal que la société Indonésienne se doit de vaincre.

About Paul ENJOLRAS

Actuellement étudiant en Master in Management à ESCP Europe, je suis passé par une classe prépa ECS à Janson-de-Sailly. Je suis passionné de géopolitique, et également membre du NOISE (Nouvel Observatoire de l'Innovation Sociale et Environnementale)

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2 comments

  1. D’abord, le tsunami de 2004 n’a pas frappé le 6 décembre mais le 26 du mois. Et 4 ans plus tard tout était reconstruit. Les « Indos » sont devenus du coup parmi les meilleurs dans la prévention des risques naturels… (Voir les prog. C. Rouges en cours). On aurait aimé qu’il se passe la même chose en Haïti.
    Depuis 1975 toutes les prévisions économiques concernant l’Indonésie se sont révélées totalement fausses. (Voir Indonesian Tragedy de Brian May en 76 in e.) Et comme ex étudiant « asianiste » de l’EHESS durant plusieurs années il a fallu que je m’avale des monceaux de « C… » (sur les pseudo incapacités indonésiennes) car évidemment c’était émis, écrit par des économistes patentés… et publié à la Documentation française (!!!)
    Ce qui est probable, c’est que l’Indonésie sera dans le peloton de tête de la mondialisation (bien que corrompue) alors que les chances sont très faibles pour que la France y soit…

    • Bonjour Leduc,

      Merci d’avoir signalé cette petite coquille concernant la date du Tsunami de 2004. Par ailleurs, en parlant du Tsunami, je cherchais simplement à mettre en avant le contraste saisissant qu’il peut y avoir entre des images d’apocalypse et celles, quelques années plus tard, d’un pays qui réussit, même si l’une et l’autre de ces images sont caricaturales. Il est en effet probable que l’Indonésie soit à court ou moyen terme dans le top 10 des économies mondiales. Il n’empêche que les défis à relever ne sont pas des moindres, corruption en tête.

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