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Où en est l’investissement chinois en Afrique ? (1/2)

 

L’Afrique est une terre très riche en ressources et, qui plus est, en plein boom économique. Depuis quelques années des investisseurs viennent s’y installer et notamment la Chine. Cette situation fomente de nombreuses interrogations et on entend souvent dire que la Chine a commencé un processus de néo-colonisation sur le continent africain.  Qu’en est-t-il vraiment ?  

La décolonisation des pays africains et la fin de la guerre froide ont permis de diversifier le partenariat africain avec le monde extérieur. Auparavant seuls les anciens pays colonisateurs commerçaient en Afrique ; aujourd’hui de nouveaux systèmes de coopération ont vu le jour. Cette refonte de stratégie de commerce extérieur profite notamment aux pays émergents, que sont la Chine et, dans une moindre mesure, l’Inde et le Brésil qui investissent plus timidement.

En 1996, le président chinois Jiang Zemin avait décidé de relancer le partenariat sino-africain. Les échanges commerciaux entre les deux partenaires ont alors été multipliés par 10 en 8 ans pour dépasser les 100 milliard de dollars depuis 2008. La Chine, qui commerce avec 53 pays africains, est dorénavant le premier partenaire commercial du continent avec des échanges qui rapportent 150 milliards de dollars par an, soit 10% du commerce extérieur chinois.

En théorie, la stratégie de développement de la Chine en Afrique lancée au milieu des années 90 reposait sur trois points principaux :

-Etablir une confiance mutuelle, une relation « gagnant gagnant » et un échange culturel.

Ces trois points ne sont pas réellement respectés. La Chine intervient régulièrement dans le secteur de la construction d’équipements socioéducatifs tels des stades ou des maisons de la culture. Mais à l’inverse de l’Inde, le transfert de technologie n’est pas de mise avec la République populaire de Chine.

Si la moyenne de croissance en Afrique ces dernières années atteint les 5% de croissance, la Chine n’y prend pas une grande part.  Si la Chine a construit des bâtiments publics et la progression du volume de commerce entre les deux entités ont bien progressé ; en revanche, l’Afrique ressent surtout un rapport déséquilibré.

La coopération crée peu d’emplois en Afrique et le respect des lois sociales est quasi unanimement éludé. Les délocalisations chinoises en grand nombre posent le problème d’un non encouragement des industries endogènes, propres à l’Afrique.

La théorie du gagnant-gagnant promue par la Chine s’avère plutôt être gagnant-perdant pour l’Afrique qui ne connait ni assez de création d’emploi avec ce partenariat ni de transfert de technologie. Cette arrivée chinoise s’avère finalement plutôt préjudiciable à l’industrialisation des pays africains.

About Raphaël DELLAVALLE

Raphaël Dellavalle est étudiant au département des Sciences de la Communication de l'Université de Malaga.

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