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L’énergie en 2011 : où en est-on ? (1/3)

 

Sur trois articles, notre propos va s’appuyer sur le discours de Richard Jones, haut représentant de l’Agence Internationale de l’Energie, devant le Sénat américain, en février dernier. Celui-ci dresse un portrait de la production et de la consommation énergétique en 2011.

Fondée en 1973-1974, après le premier choc pétrolier, l’AIE devait coordonner les mesures de réponse en temps d’alerte sur l’offre énergétique. Elle a aujourd’hui complété ce rôle, puisqu’elle s’attache aussi à accompagner la réforme du marché de l’énergie, à améliorer  la technologie en terme énergétique, à favoriser des mesures contre le changement climatique, et cherche à s’étendre à de nouvelles économies (elle compte 28 membres, surtout des consommateurs occidentaux).

Quel impact ont eu les récentes hausses du prix du pétrole ?

Depuis septembre dernier, les prix ont augmenté de 45% avec un baril à 120$ lundi dernier. Jones nie le fait que la spéculation soit le facteur majeur de cette hausse. Selon des analystes, la hausse observée au cours du dernier trimestre 2010 est essentiellement due à une demande plus élevée que prévue dans des pays consommateurs majeurs, elle-même corrélée à deux facteurs : catastrophes météorologiques, croissance économique plus forte qu’attendue. Jones précise que les prix ont augmenté à cause des mouvements dans les pays arabes, par crainte d’une chute de la production ou de problèmes dans l’export d’hydrocarbures.

Cependant, plusieurs spécialistes avaient prévu que le baril serait au-delà des 100$ à cause de plusieurs facteurs : hausse de la demande, crainte d’une baisse de l’offre, et objectifs de hauts revenus pour les pays producteurs. Or, ce début 2011 ne semble pas être une confirmation de ces thèses. Néanmoins, à plus ou moins long terme, les dépenses liées au pétrole représenteront une proportion de plus en plus importante du PIB des consommateurs. Peut-on craindre un « fardeau » lié au coût trop  élevé des imports de pétrole pour ces pays-là ? Et donc, par conséquent, des risques pour l’économie mondiale ?

N’oublions pas que certains signes évoquent malgré tout une certaine stabilité dans l’offre pétrolière, signes qui n’étaient pas présents au cours de la dernière hausse de 2008. Les pays de l’OPEP ont plus de capacité de production qu’en 2008, et les stocks pétroliers des pays de l’OCDE sont à nouveau pleins. Cela démontre que les stocks d’urgence sont un aspect vital de la sécurité énergétique mondiale, puisque tout pays est alors capable de puiser dans ses stocks pour faire face à toute perturbation dans l’offre.

About Alexandre LIEBERMANN

Diplômé d'HEC Paris en 2014, actuellement économiste au sein d'un grand groupe pétrolier mondial. Coprésident de l'Association Les Yeux du Monde

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