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L’économie italienne 1895 – 1914 (1/2)

 
Giovanni Giolitti, l’homme fort de l’Italie entre 1892 et 1914. Libéral convaincu, il encourage la modernisation économique et politique du pays.

L’Italie fait partie de ces pays qui ont connu un décollage industriel tardif. Après avoir coup sur coup « manqué » la première puis la deuxième révolution industrielle,  ce n’est qu’après la Grande Dépression, à partir de 1895, que la monarchie transalpine connait une véritable modernisation de son économie.

De 1861 (date de l’unification du pays) à 1895, trois obstacles majeurs ont (successivement ou simultanément) freiné la croissance italienne : la faiblesse des banques, la situation critique des finances publiques et l’extrême rareté des ressources naturelles centrales des révolutions industrielles (le fer et le charbon).

C’est la finance allemande qui sauve et rebâtit le secteur bancaire (création de la Banca Comerciale Italiana en 1894) : fait expliqué par la situation diplomatique de l’époque (tensions avec la France interdisant le recours à la place de Paris et rapprochement avec l’Allemagne dans le cadre de la Triple Alliance). Parallèlement, les finances publiques se rétablissent (équilibre ou excédent du budget de 1898 à 1913), en partie du fait de l’orthodoxie budgétaire de Giovanni Giolitti. Seule ombre au tableau, une balance commerciale structurellement déficitaire du fait des importations massives de grains, de fer et de charbon. Cependant, les remises des italiens vivant à l’étranger (on estime en 1914 que plus de 10 millions d’italiens ont quitté leur pays) permettent l’équilibre de la balance des paiements.

C’est dans ce cadre que certains secteurs de l’industrie italienne vont connaitre une longue phase de croissance.  La sidérurgie, par exemple, se détache nettement: secteur très concentré (6 entreprises se répartissent la production italienne), aidé par l’Etat et contrôlé par les grandes banques. La production d’acier est ainsi multipliée par 10 entre 1896 et 1914. Cette croissance doit être nuancée : le secteur vit sous la protection de tarifs douaniers colossaux et la totalité du secteur est cartellisé. En conséquence, les usines sidérurgiques italiennes produisent à hauts coûts et en sur capacité.

Citons, parmi les secteurs de pointe de l’époque, la production hydroélectrique, où l’Italie fait figure de pionnière (la première centrale hydroélectrique est crée à Tivoli, près de Rome, en 1892), et qui permet au pays de compenser la faiblesse de sa production de charbon par la production de « houille blanche ». Mentionnons également la construction automobile, avec la FIAT (qui emploie en 1914 plus de 12 000 ouvriers pour produire plusieurs milliers de véhicules par an), ou la construction mécanique avec l’Ansaldo de Gênes (qui produit navires, artillerie et matériels ferroviaires) liée au géant français Schneider.

About Sylvain ZUBER

Sylvain Zuber est étudiant en dernière année à HEC Paris. Passionné d'histoire et de géopolitique, il est rédacteur pour Les Yeux du Monde depuis novembre 2011.

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