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Les contrecoups des mutations chinoises sur la synergie sino-américaine

 
Le secrétaire d'Etat au trésor américain Timothy Geithner (à droite), lors d'un meeting avec le vice-Premier ministre chinois Wang Qishan, juin 2009.
Le secrétaire d’Etat au trésor américain Timothy Geithner (à droite), lors d’un meeting avec le vice-Premier ministre chinois Wang Qishan, juin 2009.

Deng Xiaoping prône l’ouverture de la Chine : il en fera une nouvelle priorité. L’insertion de la Chine dans l’économie mondiale est emmanchée à partir des années 1970 selon trois paliers. Le premier, le réchauffement des relations avec les États-Unis (1971-1972). Le second, la visite du Président Pompidou (1973), laquelle désaccorde sensiblement la claustration diplomatique chinoise. Enfin, le repos éternel de Mao en 1976 laisse véritablement entrevoir de nouvelles éventualités de réformes. D’ailleurs, le choix de la réforme effectué par Deng Xiaoping à partir de décembre 1977 engage la Chine dans un mouvement transitoire vers l’ « économie socialiste de marché.

L’ouverture de la Chine et la rupture de son isolement international s’amorce en 1972 avec la visite du président Nixon à Pékin et la signature du traité de Shanghai. Il s’agissait, selon le mot du Président Nixon, de « ramener la Chine dans la communauté mondiale, mais comme une grande nation en plein progrès, et non comme l’épicentre de la révolution mondiale ». La même année, la Chine rétablit ses relations diplomatiques avec son voisin occidentalisé proche, le Japon.

À la suite de la mort de Mao Zedong en 1976, la voie est ouverte pour des réformes à caractère économique. Xiaoping meut alors la Chine en calquant le monde occidental, et plus particulièrement l’ « hyperpuissance nord-américaine », selon l’expression d’Hubert Vedrine à la fin du XX° siècle. La Chine, sous le coup de fouet de Deng Xiaoping, décide ainsi de tirer un trait sur son passé. C’est alors l’ébauche de la synergie sino-américaine, alors entérinée par les autorités chinoises. Ce sont donc avant tout des décisions politiques qui ont insufflé un profond chambardement. Mais cette synergie n’aurait été possible que si la Chine se dépoussiérait et s’engageait sur le chemin de la libéralisation de son économie. En effet,  à la fin des années 1970, le pays accuse un retard patent, tant sur le plan agricole que dans le domaine des transports où la situation demeure profondément inquiétante. Les chemins de fer vivent encore à l’âge de la vapeur. Les routes, étriquées et rarement asphaltées, sont saturées. Les ports, très souvent congestionnés, n’utilisent que très rarement les containers.

À partir de 1978, Xiaoping institue le « socialisme de marché », lequel dit solidariser le marxisme-léninisme et l’apparition de l’économie de marché. Le socialisme de marché est en réalité d’inspiration capitaliste, pour les Chinois ce slogan est synonyme de « faire fortune par tous les moyens », dira Xiaoping. Les réformes économiques demeurent expérimentales et n’ont guère mis en branle une quelconque période de ralentissement ou de dépression, contrairement à ce qui est survenu dans  d’autres pays à économie planifiée. Elles ont conduit à d’exceptionnels « morceaux de bravoure » en termes de progression de la production et des exportations.

Les Etats-Unis ont annoncé, le 29 juin 2009, à l’issue d’un « dialogue économique » avec la Chine, que les deux pays s’engageaient à rectifier structurellement les instabilités de leurs économies respectives : une relation particulière, via la coopération et le travail commun, semble alors se dessiner graduellement.

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