La Turquie serait appelée en renfort par les Frères musulmans de Syrie alors que la Ligue arabe arrive à cours de menaces

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Malgré la répression menée par les troupes fidèles à Damas, le Conseil national Syrien (CNS) s’accroche et envisage la possibilité d’une intervention étrangère mais pas avec n’importe qui ni à n’importe quelles conditions. Les puissances occidentales cherchent au même moment une position diplomatique claire tout en tentant de ne pas s’impliquer ouvertement dans le conflit. Pendant ce temps, la Ligue arabe tire ses dernières cartouches.

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La confrérie des Frères musulmans a annoncé ce jeudi 17 novembre par la voix de son chef en exil Mohammad Riad Shakfa qu’elle accepterait une intervention turque plutôt qu’occidentale en cas d’opération de protection des civils. Cette annonce pourrait être une simple précision en cas de recours à la force armée pour soutenir la révolte mais le CNS, qui regroupe l’opposition au régime à laquelle appartiennent les Frères musulmans, aurait demandé à la Turquie une intervention visant à  établir une zone d’interdiction de vol le long de sa frontière côté Syrie pour protéger les civils. Cette information venant du quotidien pro-gouvernemental Sabah, elle est à prendre avec précaution mais le responsable politique des Frères musulmans et membre du CNS Mohammed Farouk Tayfour n’a ni infirmé ni confirmé les faits, précisant juste qu’il avait discuté avec plusieurs gouvernements des moyens pour arrêter les violences au plus tôt.

 

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a lui tancé la communauté internationale en déclarant que si le peuple syrien ne recevait pas autant de soutien que le peuple libyen, c’était parce que la Syrie ne regorgeait pas de pétrole. Alain Juppé, sur le point de débuter une tournée au Moyen-Orient, a précisé que le CNS devait s’organiser avant qu’il soit reconnu par la France et que la France les aidait en ce sens. Quant à la Russie et la Chine, alliés traditionnels du régime en place, ils appellent à cesser les violences d’où qu’elles viennent (gouvernement comme révoltés). Voilà qui ne manque pas d’humour lorsque l’on connaît la situation intérieure de ces deux pays. Enfin, la Ligue arabe a donné à la Syrie trois jours à compter du mercredi 16 novembre pour cesser sa répression et accepter la présence d’observateurs sous peine de sanctions économiques, que l’on sait rarement efficace contre les régimes dictatoriaux. Bachar Al-Assad, dont le régime a fait plus de 3500 morts depuis la mi-mars selon l’ONU, a estimé que la Syrie faisait l’objet d’un « complot ».

Comme dans les jours précédant l’intervention militaire en Libye, la Ligue arabe (et la solution diplomatique) atteint ses limites.

Néanmoins une intervention directe des occidentaux est exclue car, en premier lieu, l’OTAN a officiellement écarté cette option, ensuite parce que la Syrie est un élément stabilisateur clé de la région. L’adage dit bien « Prépare la guerre avec l’Égypte et la paix avec la Syrie ». Une chute brutale du régime actuel aurait des conséquences désastreuses sur l’équilibre de la région, ce dont ne veulent surtout pas les chinois dont les intérêts économiques dans la région sont stratégiques, ni les russes qui ne soutiennent jamais les tentatives de révolte de peur que cela donne des idées aux populations du Caucase.

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