Elections américaines : money, money, money

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Le 6 novembre au soir, le nom du nouveau Président des Etats-Unis sera connu. En attendant la campagne électorale,  une autre campagne, celle des levées de fonds, bat son plein actuellement. Tout est mis en œuvre pour réunir les précieux dollars qui permettront  aux candidat de faire entendre leur voix avant le scrutin.

L’année 2012 marque un tournant important dans la mode de financement des campagnes électorales.

Depuis janvier 2012 et le vote par le Congrès d’une loi réformant le financement de la campagne, les candidats ont la possibilité d’avoir recours de manière illimitée aux dons des entreprises privées.

Le vote de cette  loi, qui avait déclenché la colère de Barack Obama, va modifier profondément la gestion du budget des candidats, leur permettant ainsi de disposer de fonds nettement plus importants.

Par ailleurs, l’utilisation de ces fonds est également modifiée.Que ce soit dans un camp comme dans l’autre,  les candidats ont décidé de consacrer la majeure partie de leurs efforts, et donc de leur budgets, à certains Etats. Ces derniers, baptisés « swing States » sont ceux où la lutte entre les deux partis est la plus féroce. Ils sont aux nombre de quinze cette année, parmi lesquels la Floride, le Colorado ou l’Arizona. Leurs habitants seront soumis à un matraquage politique intense,  tandis que New York et le Massachusetts, de tradition démocrate, ou le Texas et l’Utah, à forte majorité républicaine, vont voir les budgets se réduire. Cette nouvelle approche, partagée par les deux candidats, qui recherchent à faire fructifier le moindre centime, met en lumière le poids croissant de l’argent dans la politique américaine.

Les deux candidats ont pris conscience de l’impact de ce changement. Le président Obama a déjà à lui tout seul organisé plus d’événements destinés à récolter des fonds que les cinq derniers présidents réunis. Il s’est déjà rendu dans les quinze « swing States ». Il se murmure ainsi qu’il se  concentrerait d’avantage sur ses fonctions de futur candidat que celles de Président des Etats Unis… Une attitude qui ne porterait pas vraiment ses fruits puisque si en mars il faisait la course en tête pour les promesses de dons, aujourd’hui Mitt Romney le dépasse d’environ 70 millions, grâce à l’augmentation de sa base de petits donateurs (moins de 200 dollars)

 

Le triomphal « Yes, we can » d’Obama en 2008 n’aurait pas eu un tel impact sans le « Yes we have [money] » qu’il sous-entendait. La politique n’est pas qu’une affaire d’idéaux, et l’affrontement annoncé débute par une bataille financière.

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