Vous avez-dit « Mur » ?

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Il y a cinquante ans, jour pour jour, dans la nuit du 12 au 13 Août 1961, les autorités d’Allemagne de l’Est, sous l’ordre de Walter Ulbricht, alors Président de la RDA, posèrent les premières fondations du « Mur de la honte ».

Ne voyant pas d’autres moyens d’éradiquer l’émigration massive vers la République Fédérale d’Allemagne, le Bloc communiste décida de la construction d’une Grande muraille des temps modernes : un mur de 155 kilomètres de long, haut de 2 mètres, et doté de miradors, d’alarmes de contact au sol, ou encore de piste pour chiens.

Bien que le mur soit tombé il y a plus de vingt ans, la séparation entre l’Est et l’Ouest existe encore bel et bien dans les mentalités, comme dans les statistiques.

Le chômage est resté bien plus élevé dans les Länder de l’ex-RDA, où il dépasse largement la barre des 15% et représente le double de la moyenne nationale. Malgré les aides, l’industrie est-allemande reste faible et le PIB cumulé des Länder de l’Est ne représente encore que 70% du PIB cumulé des Länder de l’Ouest.

S’ajoute à cela le sentiment qu’ont beaucoup de citoyens l’Est de ne pas trouver leur place dans la société allemande contemporaine. Comme le révèlent les chiffres publiés dans un sondage commandé par l’hebdomadaire allemand SUPERillu, 83% des « Ossies » trouvent qu’il y a toujours une séparation intra-nationale entre les deux anciennes Républiques. Est née ainsi une vague nouvelle de nostalgie de la période communiste : l’Ostalgie.

Lors des cérémonies de commémoration, ainsi que dans le discours officiel de Christian Wulff, l’actuel Président de la République Fédérale d’Allemagne, une grande place a été accordée au souvenir des victimes du Mur, dont le nombre est aujourd’hui incertain. On dénombre de nos jours environ 160 victimes « officielles », mais selon certains historiens, elles pourraient être plus de 600.

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