Soudan : vers la fin du contentieux pétrolier entre les deux parties?

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Plusieurs mois après le début des hostilités entre le Soudan et le Soudan du Sud, l’ombre d’une entente apparaît enfin en Afrique du Nord : hier, dans la nuit de vendredi à samedi, les deux pays sont enfin parvenus à trouver un accord portant sur la tarification du transit pétrolier, principal point de discorde entre les deux parties depuis le début du conflit, faisant ainsi émettre, en substitution au doute et à la rivalité, l’espoir de voir un jour un développement harmonieux s’immiscer dans la région.

Avec l’indépendance du Soudan du Sud, proclamée le 9 juillet 2011 à la suite de plusieurs conflits sanglants ayant entrainé, selon diverses estimations, plus de deux millions de morts et plusieurs millions de civils déplacés, la République du Soudan aura perdu bien plus que sa superficie : précédemment pays le plus vaste de tout le continent africain, le Soudan a également vu ses ressources pétrolières se désister, car présentes au sud à hauteur de près de 85%, celles-ci sortirent en même temps de sa juridiction, ce qui ne signifia pas pour autant l’abandon de tout marché : parallèlement à ses ressources pétrolières, le nord de la région possède également des raffineries et des équipements pétroliers, abondants au nord et relativement rares au sud et obligeant, pour cette raison, le Soudan du Sud à passer par le Soudan pour exporter.

Aussi lorsque le constat d’un accord impossible se fit sentir entre les deux parties, la situation au Soudan tourna-t-elle vite à l’affrontement : principal point de discorde, la tarification du transit pétrolier aboutit alors à des représailles de part et d’autre de la région, avec un point culminant en janvier dernier au moment où, face à la saisie de plusieurs cargaisons de pétrole sud-soudanais par le Soudan, le Soudan du Sud décida de suspendre totalement sa production pétrolière.

Depuis, les dispositions ne se sont guère améliorées entre les deux pays : décisif, le précédent accord l’est donc au regard de l’avenir économique des deux parties tout entières, dont le sort dépend intrinsèquement de la situation du marché pétrolier.

Depuis 2004, date de l’accélération de l’exploitation des ressources pétrolières dans le pays, la part du marché pétrolier dans les recettes d’exportation de la région est passée à plus de 92%, marquant ainsi une relation de dépendance accentuée, à la fois pour le Soudan du Sud, mais aussi pour la République du Soudan qui en profite avant tout par le biais de l’exploitation de ses oléoducs et de ses raffineries.

L’intitulé de ce nouvel accord est simple : selon Thabo Mbeki, ancien président de l’Afrique du Sud, « c’est un accord qui couvre l’ensemble des sujets », les questions qui restaient en suspens concernant majoritairement, « le transport, le processus et le transit ». En attendant, Djouba pourra compter sur un projet d’oléoduc partant du Soudan du Sud pour aller jusqu’au Kenya, un projet qui, s’il aboutit, pourrait bien permettre au Soudan du Sud de se passer de la participation soudanaise.

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