Enlèvement des jeunes filles au Nigeria et percée de Boko Haram : que fait la communauté internationale ?

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Abubakar Shekau, chef du groupe Boko Haram, qui a conquis le 11 septembre la ville de Maiduguri.
Abubakar Shekau, chef du groupe Boko Haram, qui a conquis le 11 septembre la ville de Maiduguri.

Face à la multiplication des crises qui se bousculent aux portes de l’Occident ces derniers mois, la communauté internationale, et plus précisément l’Europe et les États-Unis, semble dépassée. L’enlèvement des 276 jeunes filles au Nigeria le 14 avril dernier, par le groupe islamiste Boko Haram, est aujourd’hui relégué au second plan de l’actualité, et fait les frais d’une mobilisation qui s’est essoufflée.

Un élan de solidarité inefficace ?

L’engouement d’ampleur mondiale, né au printemps dernier suite à l’enlèvement massif des jeunes filles au Nigeria revendiqué par la secte Boko Haram, semble s’être atténué. La révélation de ce drame a suscité une émotion sans précédent auprès des représentants officiels et de l’ensemble de la société civile, qui ont multiplié les appels en faveur de leur libération. Mais le mouvement « Bring back our girls », lancé à Abudja, regroupant nombre de personnalités influentes telles que l’actuelle première dame des États-Unis, est épuisé.
L’action, pourtant promise par la communauté internationale reste discrète. Si environ 60 jeunes filles seraient parvenues à prendre la fuite, plus d’une centaine resteraient aux mains du groupe islamiste. Les États-Unis, la France et le Royaume Uni notamment, ont affirmé vouloir apporter leur aide au pays pour parvenir à retrouver les lycéennes. Les États-Unis, auraient ainsi envoyé des avions de collecte d’information et de reconnaissance, ainsi que des agents du FBI. La France et le Royaume-Uni, des experts sur place. Après avoir annoncé leur localisation en mai 2014, l’armée nigériane a confirmé avoir mis en place une opération dont les détails restent secrets pour ramener les otages. Pour l’instant sans résultats concrets.

La volonté de Boko Haram d’asseoir sa puissance au Nigeria

Pire encore, la secte islamiste a procédé à un second enlèvement massif le 15 août dernier, d’une centaine de jeunes hommes, avant de prendre possession de plusieurs villes dans le nord-est du pays, dont Maiduguri, jeudi 11 septembre. Alors que 85 d’entre eux ont été libérés par des soldats tchadiens, l’urgence dépasse désormais la question du sort des otages, et remet en cause la stabilité politique de l’État.
Suivant l’exemple de l’État islamique en Irak, le groupe a proclamé le 24 août un califat dans la ville de Gwoza au nord du pays et menace de s’emparer de la région. Les États-Unis se sont dits « très inquiets » de cette montée en puissance, qui souligne la faiblesse des autorités nationales à préserver la stabilité du territoire, l’armée y possédant pourtant un budget important, d’un montant 4,5 milliards de dollars. Ces derniers jours, les forces de sécurité du pays ont entrepris de reprendre plusieurs villes, par le biais d’attaques terrestres et aériennes, confirmant que la menace est bien réelle.
Le silence des autorités sur leur action, pourrait être notamment du à la volonté de Jonathan Goodluck de briguer un autre mandat présidentiel et de faire oublier l’échec cuisant que représentent les lycéennes de Chibok. Ironie du sort, son slogan de campagne, « Bring Back GoodLuck 2015 », ne manquera pas de faire écho à des électeurs las de l’impuissance de leurs dirigeants.

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