Rétrospective 2014 : l’Espace, retour au premier plan ?

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Alors qu’il est de coutume de considérer que la course à l’Espace est terminée depuis la fin de la Guerre froide, l’année 2014 a pourtant été marquée par de nombreux exploits scientifiques et technologiques en ce qui concerne la conquête spatiale. Si Américains et Russes ont perdu une partie de leurs ambitions, l’Europe tente de rester à l’avant-garde tandis que les puissances émergentes désirent à leur tour montrer leurs capacités en la matière…

Rosetta larguant Philae sur Tchouri
Rosetta larguant Philae sur Tchouri (recomposition)

Si l’Europe a tout d’abord connu quelques déboires concernant la mise en orbite de ses satellites de géolocalisation « Galileo » (censés concurrencer le fameux GPS américain) du fait d’une accumulation de retards et de lancements ratés (en août dernier), elle a néanmoins pu se féliciter du succès de la mission Rosetta : cette sonde a en effet réussi à larguer le robot Philae sur la comète Tchouri (une première mondiale) un peu plus de dix ans après son lancement, en mars 2004. Equipé d’une technologie aujourd’hui vieille de 20 ans, Philae parvint à utiliser la plupart de ses outils, en sommeil depuis plus de 10 ans : prises de vue, diverses mesures, forages, etc. Aujourd’hui entré en hibernation par manque d’énergie (il pourrait se remettre en fonctionnement grâce à ses panneaux solaires lorsque Tchouri se rapprochera du soleil), le robot a néanmoins pu envoyer de nombreuses données aux scientifiques, remplissant ainsi 80% de sa mission selon l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Quelques jours après cet exploit, les Japonais envoyaient dans l’espace début décembre la sonde Hayabusa 2, petite sœur de Hayabusa qui avait été la première sonde à se poser sur un astéroïde (Itokawa), en 2010. Avec Hayabusa 2, censée atterrir en 2018 sur un autre astéroïde et équipé d’un atterrisseur similaire à Philae (dénommé MASCOT), la JAXA (agence spatiale japonaise) espère pouvoir collecter des matériaux organiques et tenter de comprendre la formation des planètes.

Comètes et astéroïdes pour les uns, Mars et la Lune pour les autres

Toujours en quête d’exploits spatiaux, la Chine avait quant à elle réussi à faire se poser sa sonde Chang’e-3, en décembre 2013, 37 ans après le dernier alunissage (il s’agissait alors de l’URSS). A son bord, le «Lapin de jade » : un robot capable de se déplacer. Mais celui-ci a rapidement cessé ses activités, puisqu’en février dernier il a été annoncé comme hors service. Quoiqu’il en soit, la Chine a toujours pour objectif d’envoyer un homme sur la Lune dans une dizaine d’années, chose que seuls les Etats-Unis ont réussi jusqu’à présent.

Dans la course à la démonstration de force, l’Inde est devenue la première puissance asiatique à mettre en orbite une sonde autour de Mars (MOM), en septembre dernier, alors que Chinois et Japonais avaient échoué. Cette sonde au coût extrêmement réduit doit analyser la composition de l’atmosphère de Mars pour y trouver des traces de méthane, qui appuieraient la thèse d’une vie passée sur la planète rouge. En orbite deux jours avant la sonde indienne, la sonde américaine MAVEN a également pour objectif l’étude de l’atmosphère martienne. Pendant ce temps, Curiosity, véritable laboratoire sur roues de la NASA qui parcourt le sol martien depuis 2012, fêtait le début de sa deuxième année martienne. Enfin, début décembre, la NASA réalisait le premier vol d’essai de la capsule Orion, qui doit un jour pouvoir amener l’homme jusqu’à Mars. Un rêve que le PDG de Mars One, le Néerlandais Bas Lansdorp, espère rendre réel dès 2024 pour quatre participants sélectionnés parmi plus de 200 000 candidats…

Et aussi, en 2014 :

  • Google rachète Skybox, entreprise américaine fabriquant des petits satellites d’observations terrestres fonctionnant en constellation
  • Lors d’un vol d’essai le 31 octobre, le vaisseau SpaceShipTwo de Virgin Galactic s’écrase en Californie avec deux personnes à son bord
  • Le 7 décembre, la sonde américaine New Horizons est sortie de son hibernation et débutera sa mission vers Pluton en janvier
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