Mutinerie et tentative de putsch à Madagascar

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Hier, jour d’un référendum constitutionnel dans le pays visant à confirmer la légitimité du président de la Haute Autorité, Andry Rajoelina, une vingtaine d’officier malgaches ont tenté de prendre le pouvoir dans la capitale, Antananarivo. Les revendications des putschistes sont claires. Il s’agit de renverser le gouvernement en place et d’en dissoudre tous les ministères et organes politiques, afin de mettre en place un gouvernement « consensuel et inclusif ». Le lien entre ce coup d’Etat et ce référendum est tout sauf un hasard. Ce dernier permettrait en effet à Rajoelina, 36 ans, de rester à son poste de président en abaissant l’âge minimum d’accession à ce poste à 35 ans au lieu de quarante. De plus, les observateurs constatent que cette nouvelle constitution entrainerait une concentration des pouvoirs aux mains du président.

Du côté du pouvoir en place, le Premier Ministre a déclaré vouloir faire le nécessaire pour mettre fin à cette situation, tout en restant dans la légalité et en évitant un conflit frontal entre militaires. Plusieurs centaines de manifestants favorables aux putschistes ont d’ailleurs été dispersés dans la journée par les forces de l’ordre. « L’Etat prendra ses responsabilités » a déclaré M. Rajoelina, qui souhaite contrer « toutes velléités de troubles » et apparemment bien décidé à conduire le pays vers une Quatrième République. De leur côté, les mutins, qui n’ont apparemment aucun soutien dans l’armée, risquent de vite abandonner leur projet, malgré leur volonté affichée de poursuivre leur révolte. A l’heure actuelle, ils seraient encerclés à proximité de l’aéroport d’Antananarivo, tandis que le calme est déjà revenu dans les rues de la capitale malgache.

Il faut dire que la situation est critique depuis plusieurs mois à Madagascar. Si Rajoelina dirige le pays depuis mars 2009, son accession au pouvoir est tout sauf légitime, puisque sa prise de pouvoir faire suite à un coup d’Etat appuyé par une petite partie de l’armée. A l’époque, le président en place, Marc Ravalomanana, le président élu, avait été évincé de son poste. Depuis, Rajoelina a bien essayé de s’assurer le soutien de nombreux partis politiques, mais une forte opposition lui résiste encore. Ce coup d’Etat éphémère en est d’ailleurs la preuve. Alors que le calendrier politique prévoit la tenue d’élections législative puis présidentielle durant la première moitié de l’année 2011, on peut craindre une détérioration rapide de la situation du pays. Quoiqu’il en soit, les prochains mois sont décisifs pour l’avenir de Madagascar.

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